MONDE

Première rencontre officielle Le Pen/Poutine, pas d'ingérence, assure ce dernier


Vendredi 24 Mars 2017 à 09:14 | Lu 745 fois

PRÉSIDENTIELLE 2017 - Le président russe Vladimir Poutine a reçu vendredi pour la première fois officiellement la dirigeante de l'extrême droite française Marine Le Pen, assurant qu'il n'y avait pas d'ingérence russe dans l'élection présidentielle française.


Crédit : Kirill KUDRYAVTSEV / AFP
Crédit : Kirill KUDRYAVTSEV / AFP
En rencontrant le chef de l'Etat russe à un mois du premier tour le 23 avril, la candidate du Front National réussit son coup : rencontrer le président d'une grande puissance et parfaire sa stature sur la scène internationale. Avant le président russe, elle n'avait rencontré que le président libanais Michel Aoun et celui du Tchad, Idriss Deby.

Si Mme Le Pen a rencontré dans la matinée des parlementaires, la suite de son programme ne prévoyait pas de rencontre avec le chef de l'Etat russe.

Mais après avoir discrètement visité une exposition au musée du Kremlin, elle est apparue sur les chaînes publiques au côté de Vladimir Poutine dans un salon du premier étage du Kremlin.
"Nous ne voulons en aucun cas avoir de l'influence sur les événements à venir, mais nous nous réservons le droit de communiquer avec les représentants de toutes les forces politiques du pays, comme le font nos partenaires européens ou les Etats-Unis", lui a déclaré le président.
"Il est intéressant d'échanger avec vous sur la façon de développer nos relations bilatérales et la situation en Europe. Je sais que vous représentez un spectre politique européen qui se développe assez rapidement", a-t-il ajouté.

La patronne du FN a pour sa part indiqué à l'AFP avoir évoqué "la manière dont les nations doivent pouvoir agir ensemble pour lutter contre le fondamentalisme", appelant à "renforcer leur coopération".
 
Après cette entrevue, Marine Le Pen a assuré à des journalistes qu'elle voyait en Vladimir Poutine "une nouvelle vision" d'un "monde multipolaire". 
Ce monde, a-t-elle estimé, est "le monde de Vladimir Poutine, le monde de Donald Trump aux Etats-Unis", ajoutant qu'elle partageait avec eux une vision "de coopération et non pas une vision de soumission, et non pas une vision belliciste telle que celle qui est exprimée bien souvent, trop souvent par l'Union européenne".

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a précisé à des journalistes qu'ils n'avaient pas parlé d'argent, alors que le Front National est à la recherche de six millions d'euros pour financer sa campagne et avait obtenu en 2014 un prêt de neuf millions d'euros d'une banque russe.
Interrogé sur la raison pour laquelle M. Poutine avait reçu Marine Le Pen, en tête des sondages pour le premier tour, Dmitri Peskov a estimé que rencontrer des "opposants" étrangers était une "pratique normale". "Il est très important de discuter avec les forces (politiques) prônant la nécessité de maintenir un dialogue bilatéral" avec la Russie, a-t-il ajouté.

 
Il est toutefois très exceptionnel que Vladimir Poutine reçoive un candidat à une date aussi rapprochée d'une élection. La coutume et le protocole l'amènent à rencontrer des chefs d'Etat ou éventuellement des chefs de gouvernement de pays à régime parlementaire.

La venue de Mme Le Pen intervient alors que la Russie est accusée par les Occidentaux d'avoir interféré dans la présidentielle américaine pour aider à faire élire Donald Trump et que Berlin craint des tentatives de "déstabilisation" de Moscou avant les législatives de septembre.

Interrogée sur les cyberattaques dont est accusée la Russie, Marine Le Pen a dénoncé une "forme de complotisme" sans "le début d'un commencement de preuve".
Lors de leur rencontre de la matinée, le président de la Douma (chambre basse du parlement) Viatcheslav Volodine avait remis à Marine Le Pen une biographie russe de la présidente du Front National intitulée "Le Retour de Jeanne d'Arc". Le député Vitali Milonov, connu pour avoir rédigé la loi sanctionnant la "propagande homosexuelle", participait aussi à cette rencontre, et a posté sur Facebook un selfie avec Mme Le Pen.

Cette dernière s'était déjà rendue en Russie mais n'avait jamais rencontré officiellement Vladimir Poutine. Elle avait démenti en décembre 2014 son ex-conseiller international Aymeric Chauprade qui avait suggéré qu'une telle rencontre s'était produite de manière officieuse.

Elle fait partie des politiciens européens qui prônent un rapprochement avec Vladimir Poutine et qui approuvent l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée en 2014 par la Russie.
Début janvier, elle s'était rendue à New York, dans la Trump Tower, après l'élection de Donald Trump mais avant son investiture. Elle n'avait toutefois été reçue officiellement ni par le nouveau président américain, ni par son équipe.
AFP







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