SOCIÉTÉ

Philippe Roussel : "Il est temps qu'un Polynésien prenne en main la gestion de cette société"

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Mercredi 8 Juillet 2015 à 19:16 | Lu 1090 fois

Philippe Roussel, directeur de Tahiti Nui Télévision, a annoncé ce mercredi qu'il quitterait ses fonctions à la fin du mois, poussé par un projet de création d'entreprise en Europe. Le nom de son successeur n'est pas encore connu. Interview.


Vous avez annoncé ce mercredi votre départ, d'ici la fin du mois, du poste de directeur de Tahiti Nui Télévision. La décision semble hâtive. Que s'est-il passé ?
"Il n’y a aucune hâte, juste un temps pour la communication officielle, et un temps d’information légitime au Président du conseil d’administration et au ministre de tutelle. Les deux ne peuvent s’opérer au même timing. Ma décision est très réfléchie et n’a pas été facile à prendre. J'ai accepté il y a deux ans la lourde responsabilité de la direction générale de TNTV. Mon attachement à la chaîne et au personnel qui y travaille est total. Mais le projet que je porte de création d’entreprise dans le domaine de l’audiovisuel en Europe pour la création de contenus à destination de la télévision et du web est une chance. Toutes les conditions sont aujourd’hui réunies, les marchés sont en attente de nouveautés, j’ai rencontré les bonnes personnes, c’est donc une opportunité que je devais saisir pour encore évoluer."
 
Comment avez-vous vécu cette expérience en Polynésie, au sein de la chaîne du Pays ?
"Mes objectifs étaient clairs dès le départ : faire basculer le modèle de gestion de l’entreprise vers un mode commercial et privé. Grâce au travail fourni par toutes les équipes et à la qualité de leur intervention nous avons réalisé un énorme travail de fond."
 
Quel bilan faites-vous de ces deux années ?
"Pendant ces deux dernières années, l’ensemble du personnel a fait évoluer la société et a permis son ouverture sur le marché publicitaire, nous avons géré la télévision dans la rigueur et l’équilibre budgétaire. Nous avons ensemble mis en place une nouvelle approche de la production audiovisuelle avec la couverture des grands évènements, pensé un nouveau projet de l’information qui sera  mis en place à la rentrée prochaine, et innové par le lancement réussi de nos plateformes digitales avec 12 millions de pages vues cette année. Enfin, nous avons fait évoluer l’organisation en y intégrant les nouveaux médias, et la régie publicitaire."
 
Comment jugez-vous les audiences de la chaîne ?
"Elles sont en augmentation comme le montre le dernier sondage Médiamétrie. Et nous n’avons certainement pas à rougir de nos 24% de part d’audience. Une opération vérité à été menée sur les audiences en demandant à un organisme national, dont c’est le cœur de métier d’établir une mesure objective et juste. Il reste encore beaucoup de travail à faire mais nous sommes sur la bonne voie. Le dernier sondage qualitatif réalisé par Alvea Consulting nous indique de nous sommes la chaîne préférée pour 41% des Polynésiens contre 31% pour notre concurrent Polynésie 1er. C’est un indice très satisfaisant pour nos équipes."
 
Savez-vous déjà qui prendra votre suite ?
"Non, et ce n’est pas à moi de décider de cela. C’est de la compétence du Conseil d’administration qui se réunira d’ici peu pour étudier les propositions et prendre une décision. Je pense qu’il est toutefois temps qu’un Polynésien prenne en main la gestion de cette société."
 
Ne pensez-vous pas que votre départ risque de perturber le fonctionnement de la chaîne ?
"Un départ est toujours perturbant, mais nos dossiers sont en ordre, mes collaborateurs sont au fait des changements à venir, le bilan semestriel est réalisé ainsi que le prévisionnel jusqu’à la fin de l’année.  J’ai travaillé en toute confiance et transparence avec l’actionnaire majoritaire qu’est le pays, et il n’y aura pas de surprise. Juste beaucoup de travail pour dérouler le plan stratégique que nous avons élaboré pour TNTV sur les trois prochaines années."
 
TNTV a connu des périodes difficiles. Êtes-vous confiant pour l'avenir de la chaîne ?
"Le modèle économique des chaînes en outre-mer est fragile. Il est encore plus sensible en Polynésie. Toutefois, nous avons sorti la chaîne des difficultés financières, nous avons géré la télévision de façon économe, et notre budget est en équilibre. C’est éléments sont importants pour l’avenir, car une chaîne comme TNTV est indispensable dans le paysage audiovisuel."
 
 
 Propos recueillis par M.K
 
 
 
 







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