SOCIÉTÉ

Pensions de famille cherchent visibilité internationale


Lundi 5 Septembre 2016 à 18:11 | Lu 2328 fois

TOURISME - Suite au Salon du Tourisme qui se tenait ce week-end, les pensions de famille ont globalement jugé le bilan positif. Seul accroc, la petite hôtellerie familiale demande plus de visibilité sur les marchés internationaux. A la veille de la convention annuelle de Tahiti Tourisme, elle dénonce un manque de commercialisation de la part des tours opérateurs à l'étranger.


Crédit photo : Tahiti Nui Télévision
Crédit photo : Tahiti Nui Télévision
Si en 20 ans, la qualité des chambres et des prestations des pensions s'est nettement améliorée, son taux de remplissage n'est que de 27%. Le secteur séduit surtout la clientèle européenne. Pourquoi les tours opérateurs ne valorisent-ils pas cette offre?

Selon Mélinda Bodin, présidente de l'association des hôtels de familles, les tours opérateurs dédaignent les pensions de famille, préférant vendre des nuitées d'hôtels. "Quand les tours opérateurs viennent chez nous, c'est très rare qu'ils visitent les visites les pensions de famille. (....) Il faut leur prouver que nous sommes également opérationnel. Que nous avons des pensions de famille au top. (...) Aujourd'hui quand on va dans une pension, on a également la qualité."

Former les tours opérateurs, à vendre le produit pension de famille. Tel est le souhait de la présidente de l'association des hôtels de familles.  "Nous avons chaque année des tours opérateurs d'Europe, des USA etc.. nous demandons au GIE Tahiti Tourisme qu'ils organisent un voyage pour ces tours opérateurs, spécial pensions de famille(...)".

Si Bora Bora et Raiatea font souvent l'objet de visite de tours opérateurs, les archipels éloignés comme les Tuamotu ou les Australes ne bénéficient pas d'un tel intérêt. "Quand on parle des Australes, ils nous regardent tous avec des gros yeux, ils ne connaissent pas".
Poursuivant, "bien sur les tours opérateurs savent que la Polynésie comporte 118 îles.  Mais ils ne savent pas qu'il y a 195 pensions sur 32 îles de la Polynésie française. (...) Tu ne peux vendre que ce que tu connais".  Pour Mélinda Bodin, "il faut que ce soit nous, qui montrions aux tours opérateurs, nos atouts et nos spécificités (...)".

Marc Collins, ancien ministre du Tourisme et membre de l'association des hôtels de familles se déclare quant à lui "très optimiste quant à l'avenir des pensions de famille". Pour lui, le marché mondial a évolué, il y a aujourd'hui des canaux de distribution qui n'existaient pas auparavant et qui permettent aux touristes à la recherche d'authenticité, de trouver la petite pension perdue à Rurutu. A condition que celle-ci dispose d'internet, bien évidemment. "Les clients qui viennent en pension, viennent pour un accueil différent, un produit différent et une expérience différente".

Pour lui, les clients qui débarquent dans les pensions de famille n'y viennent pas à cause du manque de place dans les hôtels. "Maintenant le touriste chinois, réserve sur Booking.com et débarque ici dans une pension à Papeete". Pour l'ancien ministre, le produit s'est nettement amélioré. "il y a par exemple à Tikehau, des pensions dont la nuitée avoisine 92 000Fcfp, la nuit (766 Euros). Il y a de tout".

Comment Tahiti Tourisme doit faire la promotion des pensions de famille ? Marc Collins a sa petite idée. "Certains de nos membres se plaignent de ce qui tient du passé. Aujourd'hui, la relation est très saine, transparente. Il y a de leur coté, une prise de conscience qui leur fait penser qu'il faut nous mettre en avant d'une manière différente(...) Mais on voudrait être plus présent."
 
Pour Michel Monvoisin, PDG d'Air Tahiti Nui et président du Conseil d’administration du GIE Tahiti Tourisme, les pensions de famille sont un produit qui lui tient à cœur. "La problématique des pensions de famille, provient des tours opérateurs qui ne les vendent pas de trop ou ont un peu de mal à les vendre.Il y a des marchés qui sont plus sensibles aux pensions de famille. La France, la Nouvelle-Zélande, le Canada".

L'homme à la double casquette reconnaît qu'il y a du travail à faire en amont. "Comme pour les hôtels, il faut professionnaliser la commercialisation et les ventes à l'extérieur". Quant à savoir pourquoi les tours opérateurs ne valorisent-ils pas les pensions de famille, il explique. "D'abord, parce qu'il est plus facile et plus rentable de vendre une chambre d'hôtel de Bora Bora, plutôt qu'une chambre en pension de famille dans une île inconnue (...). Ensuite, les pensions de famille sont encore trop hétérogènes (...). Toutes n'ont pas le même niveau de professionnalisme".  

Autre problème, les tours opérateurs vendent à l'année. Il faut donc être capable de les assurer que toute l'année il y aura des chambres disponibles et pas seulement sur des petites périodes. "Les pensions de familles prisent ensemble représentent beaucoup de chambres, mais individuellement pas beaucoup. Et le tour opérateur lui essaye de faire de la quantité aussi. Donc il y a toute cette problématique à mettre à plat."

2017 pourrait peut-être redonner le sourire à l'hôtellerie familiale. Car le marché polynésien est de plus en plus prisé. Les chambres d'hôtels de Polynésie sont déjà pleines pour les deux mois à venir. Tahiti Tourisme compte surfer sur la vague. Un défi que les professionnels du secteur tenteront de relever dès demain lors de la convention annuelle de Tahiti Tourisme.

 
Rédaction Web avec Maite Mai et Esther Parau Cordette 







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