MONDE

Papouasie Nouvelle-Guinée : un député veut légaliser la prostitution


Dimanche 6 Novembre 2016 à 13:56 | Lu 1932 fois

PACIFIQUE - Le Premier ministre Peter O'Neil a annoncé que le gouvernement ne soutiendrait pas la proposition de loi. Et pour le gouverneur de la province d'Oro, Gary Juffa, d'autres moyens existent pour protéger les travailleurs du sexe. Comme les renvoyer dans leur village pour travailler la terre...


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En Papouasie Nouvelle-Guinée, la prostitution est illégale, mais omniprésente. Un député, Ken Fairweather est à l'origine d'un projet de loi pour légaliser la prostitution et protéger les travailleurs du sexe. Déjà, en 2015, le député avait présenté une proposition de loi,  pour non pas légaliser les bordels, mais dépénaliser la pratique. Sa proposition n'était pas passée.

La semaine dernière, le Premier ministre s'est prononcé sur le nouveau texte de Ken Fairweather, rapportent les médias locaux. Le député Anton Yagama a interpellé Peter O'Neil. "Le Premier ministre peut-il nous dire quelle est la position de son gouvernement sur la légalisation de la prostitution dans le pays", a-t-il demandé. 
Le Premier ministre a répondu que le projet de loi proposé par le député de Sumkar, Ken Fairweather, pour protéger les travailleurs du sexe ne sera pas soutenu par ce gouvernement. "Il existe d'autres moyens pour protéger certaines de ces personnes qui s'engagent dans cette industrie. Nous n'avons pas besoin de légaliser la prostitution dans le pays. Si nous parlons de la sécurité des travailleurs, nous avons assez de lois en vertu du Code criminel et d'autres lois qui protègent des questions comme les agressions et les abus de personnes dans le pays", a estimé Peter O'Neil. 


Pour le gouverneur de la province d'Oro, Gary Juffa, adopter le texte du député Ken Fairweather aurait des effets néfastes : "Si nous légalisons la prostitution, les bordels vont se multiplier, ils auront pignon sur rue. Et il n'y a aucune garantie que l'industrie du sexe demeure papoue. Les patrons de bordels pourraient importer des prostitué(e)s d'Asie par exemple, et dans ce cas, quelle administration va contrôler ces travailleurs du sexe et s'assurer qu'ils ne sont pas infectés par des MST ?, s'est demandé Gary Juffa, sur ABC Radio Australia. Et enfin, si on légalise, plus de jeunes filles pourraient être tentées de choisir la prostitution comme carrière. Est-ce la bonne chose à faire ? Devrions-nous les encourager à embrasser cette carrière "
 

Gary Juffa regrette que le député Ken Fairweather n'ait pas consulté les églises et les chefs coutumiers sur cette question de la décriminalisation de la prostitution. Il propose d'autres solutions pour protéger les travailleurs du sexe, comme les renvoyer dans leur village pour qu'ils travaillent la terre... "Je suis pour la décriminalisation. Je veux dire: les femmes qui font ça ne devraient pas être punies. Il doit bien y avoir un moyen de les réintégrer dans notre société, on peut leur trouver quelque chose à faire de constructif. Nous avons des terres. Et elles viennent toutes d'un clan. Dans notre culture, elles peuvent toujours rentrer dans leur clan et travailler la terre au village"
Gary Juffa a prédit qu'il faudrait au moins 100 ans pour faire évoluer la mentalité des Papous sur le sujet de la prostitution. 



 
Rédaction web







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