POLITIQUE

Nucléaire : "Je suis convaincu que l'État fera tout pour une meilleure reconnaissance"


Vendredi 3 Juin 2016 à 15:20 | Lu 1095 fois

INVITE DU JOURNAL - De retour de sa mission en métropole, le président a accepté l'invitation de Tahiti Nui Télévision. Il était en plateau jeudi soir pour le journal :


Avant de revenir sur les grandes mesures annoncées, un mot sur votre fils Manuarii mis en cause dans une affaire de compte offshore. Gaston Flosse vous soupçonne de fausse déclaration. Que lui répondez-vous ?
"La réponse qu'il a reçue aujourd'hui, c'est-à-dire qu'il faut éviter de regarder ce qui se passe chez les autres quand on n'a pas tous les éclaircissements sur ce qui se passe chez soi. Je n'ai pas pour habitude de cacher. Et je n'ai pas pour habitude de me cacher derrière mes enfants. Je leur laisse vivre leurs vies. Mon fils a plus de 40 ans aujourd'hui. Il sait ce qu'il fait. Je laisse la procédure se faire."

Cette histoire a pris des proportions politiques...
"Parce que certains ont souhaité le faire, pour m'atteindre, naturellement."

Certains grévistes vous ont reproché de ne pas être intervenu dans la grève d'Air Tahiti. Pourquoi ?
"Ils savent que par principe je suis opposé à ce que le gouvernement intervienne, et surtout ce sera interprété comme une intervention politique. Je ne souhaite pas que le gouvernement intervienne dans tous les conflits. Il y a des directeurs d'établissements, des présidents de conseils, les salariés. Qu'ils discutent entre eux. Je me réjouis qu'on soit proches d'une conclusion. Effectivement, le problème se pose aujourd'hui pour les journées de grève. Mais c'est tout à l'honneur aussi des grévistes de pouvoir assumer le geste qu'ils ont fait. En tous les cas je les encourage à se revoir. Je crois qu'aujourd'hui les gens des îles en ont suffisamment souffert. On se fait beaucoup de souci aussi pour les touristes qui paient très cher pour venir en Polynésie française et qui se voient bloqués par cette grève. Je les encourage à continuer la discussion et à conclure au plus vite."

Revenons à présent sur les grandes mesures que vous avez annoncées ce matin (jeudi, NDLR). Il s'agit notamment du nucléaire. Vous disiez "comme un caillou que nous traînons dans nos chaussures". Le dossier est suivi directement par l'Élysée. Les vétérans vont-ils enfin être indemnisés ?
"C'est le voeu commun des associations et du gouvernement aujourd'hui. Je crois que c'est la Polynésie qui réclame que la justice soit faite à ce niveau-là. j'ai parlé d'injustice au Président de la République quant au traitement qui est fait aujourd'hui de nos vétérans. Lorsqu'une personne a travaillé à Moruroa, qu'elle a été exposée, on ne va pas lui poser la question  s'il fume trop ou s'il a beaucoup bu pour justifier sa maladie. Cette situation doit disparaître. Le gouvernement a fait le choix de modifier le décret d'application plutôt que la Loi Morin parce que ça prendrait beaucoup de temps. Nous arrivons en session budgétaire en métropole et ce serait difficile d'avoir une fenêtre là-dessus. Donc ils vont modifier le décret, ils nous parlent de la modification du seuil des fameux 1%, de revoir à la baisse. Je n'ai pas de précisions, mais je suis aujourd'hui convaincu que l'Etat fera tout pour qu'il y ait une meilleure reconnaissance de ceux qui ont servi le Centre d'expérimentation du Pacifique."

Lors de sa venue en février, le Président de la République avait évoqué la construction d'un mémorial des essais nucléaires. Quels sites proposez-vous ?
"J'ai proposé deux sites : celui du musée de la marine en pleine ville, sur le terrain du commandement de la marine nationale. Ou alors un terrain qui serait proche du Com Sup à Pirae puisque c'est effectivement au Com Sup que tout se décidait à l'époque. Tout était filtré au niveau du Com Sup. Ce serait deux sites qui seraient marquants, qui aujourd'hui appartiennent à l'État et sur lesquels nous pourrions transiger. Je n'ai pas de réponses quant à mes propositions, mais je crois qu'elles ont été enregistrées."

Vous avez également discuté des Accords de Papeete. Que contiennent ces accords et quand pourront-ils aboutir ?
"C'est un peu le sujet sur lequel nous nous sommes attardés. Il a annoncé les Accords de Papeete en mettant derrière la contrainte du développement économique. Nous y rajoutons ce qui est à la mode en ce moment en métropole à savoir l'égalité des territoires. Je crois que le texte de loi devrait passer d'ici la fin du mois de juin ou début juillet à l'Assemblée nationale et au Sénat. Et j'estime que dans ces Accords de Papeete, l'État devrait prendre en compte tout ce qui représente des difficultés sur la continuité territoriale dans notre Pays. Nous prenons en charge le déplacement des enfants pour aller à l'école, nous prenons en charge une partie du fret pour que les habitants des archipels aient un coût de la vie qui soit à peu près semblable à celui que nous avons ici. Le Pays fait énormément d'investissement pour assurer cette égalité intraterritoriale. Donc je pense que l'État pourrait nous soutenir dans cette politique d'égalité territoriale."

Vous revenez des Samoa où vous avez participé à la célébration de l'indépendance de ce Pays du Pacifique. N'est-ce pas curieux de participer à une telle célébration lorsqu'on s'oppose à l'indépendance de son propre pays ? 
(rire) "Non, non, non. Nous étions deux invités principaux avec le gouverneur américain des Samoa américaines, qui est un Samoan. Il s'agit là d'honorer notre présence et c'est un engagement que j'avais pris lors de la COP21. Je suis allé au couronnement du roi Tupou aux Tonga, j'ai assisté à l'anniversaire de l'autonomie de nos amis de Cook island. Pour entretenir de bonnes relations avec nos amis du Pacifique, il faut savoir à un moment donné renvoyer l'ascenseur, car ils nous ont beaucoup aidés pour la COP21."

Pour terminer, vous avez rencontré le Garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas à Paris. Quand est-ce que la nouvelle prison à Papeari ouvrira ses portes ?
"Effectivement Jean-Jacques Urvoas nous a confirmé les difficultés qu'ils ont aujourd'hui avec quelques entreprises de seconde oeuvre sur la prison de Papeari. Et vraisemblablement l'inauguration serait prévue pour mars, l'ouverture vers le mois de mai-juin. Jean-Jacques Urvoas confirme son déplacement pour participer à cet événement. Mais le souci est plutôt du côté des jeunes qui sont actuellement en formation puisqu'en retardant ce chantier, ils sont en difficulté pour entrer rapidement en fonction. Certains d'entre eux resteront sur Paris pour faire des stages dans les prisons là-bas. Une quarantaine sur Nuutania seront transférés rapidement. Et puis je pense que tout ira bien à partir du mois de janvier prochain où tout le monde sera rapatrié sur Tahiti."

....

Monsieur le président, notre ve'a progresse de 11 points, notre journal de 5 points. Comment interprétez-vous ce regain d'intérêt pour l'information sur Tahiti Nui Télévision ?
"Je pense que pour ce qui concerne l'information, le mérite de TNTV c'est de relater les événements tels qu'ils sont, sans trop d'interprétation. Car effectivement prendre position c'est s'engager pour une partie, et le reste en général est mécontent. TNTV a pris beaucoup d'avance en matière de reportages. Dès la création de cette télévision voulue par le gouvernement de ce Pays, il a été fortement question d'abord de promouvoir la langue polynésienne. Il faut que notre télévision véhicule notre langue. Et puis surtout je crois que cette télévision a été créée surtout pour que les Polynésiens se reconnaissent au travers des émissions. Les feuilletons c'est bien. Mais les reportages dans les îles, dans les communes isolées, en Polynésie française de manière générale, intéressent toujours les Polynésiens. Et je crois que c'est le résultat que vous récoltez aujourd'hui."

Justement les productions locales augmentent aussi de 11 points. Qu'en concluez-vous en tant que président du Pays ?
"Il faut continuer. ça me donne beaucoup de courage pour vous donner encore des subventions pour que TNTV fonctionne encore mieux avec les moyens adéquats (rire). Félicitations à l'équipe parce que ce n'est pas évident. C'est un combat de tous les jours. Le ve'a c'est tous les soirs. Il n'y a pas de congé de ve'a. Vous vous battez pour que l'information soit effectivement livrée en bonne et due forme. C'est bien et j'adresse mes félicitations à toute l'équipe, à la direction et à vous-même qui oeuvrez tous les jours pour une bonne information du public polynésien."






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