SOCIÉTÉ

Nouvelle écluse de Panama : quel impact pour Tahiti ?


Mercredi 13 Juillet 2016 à 11:12 | Lu 1726 fois

ÉCONOMIE - La 41ème Conférence de l’Alliance du Transport Maritime du Pacifique s'achève ce mercredi au CESC après trois jours de débats entre les dirigeants des différents ports des Etats insulaires du Pacifique. L'évènement, co-organisé par le Port Autonome de Papeete et la Communauté du Pacifique Sud, a été l'occasion de discuter des opportunités offertes par l'ouverture de la nouvelle écluse du canal de Panama.


Port de Papeete
Port de Papeete
Depuis quelques semaines, le canal de Panama dispose d'une troisième écluse. Une voie longue de 80km et capable d'accueillir des bateaux contenant jusqu'à 14 000 conteneurs, mesurant jusqu'à 49 mètres de large et 366 mètres de long. Grâce à cette nouvelle infrastructure, Panama espère doubler son volume de transit (qui s'élève aujourd'hui à 300 millions de tonnes par an) et tripler ses recettes (un milliard de dollars).

L'ouverture de cette troisième écluse pose la question du rôle que pourrait jouer Tahiti et les autres îles du Pacifique dans l'augmentation du trafic maritime de la région. Si le Cluster maritime de Polynésie plaidait déjà l'année dernière pour un élargissement du port en vue d'accueillir de plus gros porte-containers, les dirigeants des ports du Pacifique, eux, doutent de pouvoir bénéficier des retombées économiques générées par l'augmentation du trafic maritime.

Le Capitaine François Chaumette, représentant du Port autonome de Papeete, expliquait au micro de Tahiti Nui Télévision "Les gros navires de Panama sont élaborés pour de très gros ports, en eaux profondes avec des équipements de quai élaborés. Pour être un hub, il faut des infrastructures et on n'en en pas les moyens.(...) Ce n'est pas strictement nécessaire aujourd'hui, mais ça ne nous empêche pas de faire des études pour estimer l'impact sur l'environnement. Il ne faut pas oublier qu'on a également le tourisme nautique, les croisières, la plaisance... On s'oriente aussi vers ce secteur-là."  

"Il y a certains qui veulent que de gros porteurs puissent venir décharger à Papeete mais là ça suppose de gros travaux, ça suppose également des atteintes également à l'environnement (...) je crois qu'il faut rester à notre taille, sauf s'il y a des développements extraordinaires, mais enfin, c'est peu probable." ajoute Ethode Rey, armateur, membre de la commission aménagement du CESC, et  du conseil d’administration du Port Autonome.

La Nouvelle-Zélande, elle-même, doute de pouvoir tirer son épingle du jeu. Andrew Conan, venu représenter le port d'Auckland, explique "Concernant les navettes des cargo dans le Pacifique et en Nouvelle-Zélande, je ne vois pas de changement significatif dans le volume des marchandises transportées. Nous verrons certainement de plus gros navires mais moins nombreux."

Rappelons qu'à l'heure actuelle, l'immense majorité des navires qui transitent par le canal de Panama en direction du Pacifique, poursuit sa route par l'extrême nord du l'Océan pour décharger à Singapour et en Chine. La Nouvelle Zélande, Tahiti et plus généralement les Pays du triangle polynésiens ne sont pas sur leur route.
 
Rédaction web (Interview Tamara Sentis)







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