CULTURE

Moruroa, mon amour


Vendredi 30 Septembre 2016 à 13:34 | Lu 784 fois

EXPOSITION - La Galerie Winkler présente depuis jeudi et ce jusqu' au 11 octobre, une exposition collective intitulée "Moruroa forever". 50 ans après le premier essai nucléaire en Polynésie un collectif de sept artistes: Abuze, Cronos, Dettloff, HTJ, Kanaky, Komsulo et THS se sont réunis autour de la question du nucléaire en Polynésie et ses conséquences.


Crédit photo: Pascal Bastianaggi
Crédit photo: Pascal Bastianaggi
L'idée de cette exposition est venue de Vaiana Drollet propriétaire de la galerie Winkler. "Ce sont des artistes avec qui je travaille toute l'année, on est en contact constamment. Et lorsque j'ai lancé l'idée, ils ont tous répondu favorablement". 

Le vernissage a rameuté un tas d'amateurs, attirés par le thème. "J'ai été étonnée par le nombre de personnes présentes au vernissage. Il y avait un mélange de générations et beaucoup de bonne humeur".  

Signe du succès remportée par l'expo, des toiles ont trouvé preneurs dès le premier soir. "Les collectionneurs ne se trompent pas, avec un sujet comme celui-là, les œuvres sont vraiment intéressantes et les collectionneurs ont joué le jeu". 

Il est vrai que cette exposition "décalée" tranche nettement avec ce qui se fait habituellement sous nos latitudes plus habituées aux triptyques " lagons, cocotiers, vahine"  qui n'apportent rien à l'art, à  part faire joli sur un mur de maison de retraite.

Les œuvres exposées, en dehors de leur qualité graphiques,  questionnent le chaland sur le fait nucléaire. Avec des techniques diverses sur des supports peu académiques, drums, planches de bois ou de surf, etc..

Les artistes ont laissé libre court à leur imagination et à leur humour. L'humour étant le seul moyen de traiter la bombe sans sombrer dans le pathétique.

Pas sur que dix années plus tôt,  l'expo eut connu le même succès. Tout d'abord parce que le fait nucléaire était un thème relativement tabou, à part pour les militants ou les vétérans de Moruroa, et surtout de par le manque de sang neuf en matière picturale.

Le fait est qu'en dehors d'artistes comme Andreas Dettloff, Jean-luc Bousquet et Tehina, qui ont toujours été à part dans le microcosme artistique locale, peu étaient à même de traiter le sujet. Il nécessite un coup de patte moderne et une vision décalé de l'art. Le style académique comme il en regorge sous nos cocotiers ne collant pas au thème.

La nouvelle génération, avec HTJ, Abuze, Chronos, Kanaky,  Komsulo et THS de par leur style et leur dérision affichée, colle parfaitement au sujet. Vaiana Drollet ne s'est pas trompée en leur laissant carte blanche.
Pascal Bastianaggi









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