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Métropole : arrestations d'adolescents volontaires pour des attaques jihadistes


Mercredi 14 Septembre 2016 à 09:14 | Lu 1448 fois

ENQUÊTE - Un adolescent soupçonné de vouloir commettre un attentat a été arrêté mercredi à Paris, la troisième interpellation en une semaine d'un mineur en contact, via la messagerie cryptée Telegram, avec le jihadiste français du groupe Etat islamique (EI) Rachid Kassim.


Crédit :GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
Crédit :GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
Né en septembre 2001, le jeune homme a été arrêté au petit matin mercredi par les policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), appuyés par ceux du Raid. Le lycéen a été placé en garde à vue dans les locaux de la DGSI à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), près de Paris, a appris l'AFP de sources proches de l'enquête.
 Selon ces sources, il "s'était proposé pour une action terroriste" et "était en lien via la messagerie cryptée Telegram avec le jihadiste de l'EI Rachid Kassim", soupçonné de téléguider des attentats en France depuis la zone irako-syrienne.
 
Une perquisition au domicile de l'adolescent a été menée mercredi matin. En fin de matinée, aucune trace d'une opération de police n'était visible dans cette rue résidentielle calme du XXe arrondissement, dans le nord-est de Paris, où il vivait, a constaté un journaliste de l'AFP.
Les policiers "ont barré la rue tôt ce matin, vers 05H00 ou 05H30 (...), il n'y a pas eu de bruit", raconte laconiquement le gardien de l'école voisine.
Hélène, une habitante de la rue, a découvert l'opération peu avant 08h30 en sortant de chez elle pour accompagner ses enfants à l'école. "Il y avait une camionnette noire siglée du Raid et plusieurs autres voitures noires garées en bas de l'immeuble, et au moins une dizaine de policiers masqués et armés. C'était impressionnant", explique cette mère de famille de 37 ans.
 
Cette arrestation intervient moins d'une semaine après l'arrestation le 8 septembre d'un autre adolescent, âgé de 15 ans, à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), repéré sur les réseaux sociaux et soupçonné de vouloir mener une attaque jihadiste en lien avec Rachid Kassim.  
L'adolescent, visé par une fiche S et déjà mis en examen dans un dossier de terrorisme, a été mis en examen et écroué samedi.
Un troisième mineur de 15 ans, qui projetait de commettre un attentat avec une arme blanche, avait été arrêté samedi à Paris avant d'être placé en détention lundi.
Rachid Kassim, considéré actuellement comme l'un des propagandistes francophones les plus dangereux de l'EI, envoie via la messagerie cryptée Telegram des listes de cibles à frapper mais aussi des scénarios d'attentats à mettre en œuvre en France.
 
Interrogé à l'issue du conseil des ministres, Bernard Cazeneuve a souligné le travail "extrêmement dense" des services de renseignement destiné "à identifier ceux qui sont susceptibles de passer à l'acte". "Un travail continu qui nous mobilise nuit et jour", a affirmé le ministre de l'Intérieur.
"L'action des services de renseignement est plus intense qu'elle ne l'a jamais été pour des raisons qui tiennent au niveau de la menace et pour des raisons qui tiennent aux appels au meurtre lancés par un certain nombre d'acteurs en Syrie qui utilisent des moyens cryptés pour appeler des Français de plus en plus jeunes à passer à l'acte", a-t-il déclaré.
 
Selon les enquêteurs, Kassim a inspiré, de manière plus ou moins directe, les attaques de Magnanville (Yvelines), où Larossi Abballa a tué un policier et sa compagne le 13 juin, et de Saint-Étienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), où Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean ont tué un prêtre dans une église le 26 juillet. 
Il aurait également piloté les projets d'attentats du commando de femmes arrêté la semaine dernière après la découverte d'une voiture chargée de bonbonnes de gaz en plein cœur de Paris.
 
Ces arrestations interviennent alors que la menace terroriste est "maximale" en France, touchée depuis 2015 par une série d'attentats qui ont fait 238 morts, selon les déclarations de Manuel Valls dimanche. 
Le 2 septembre, le procureur de Paris François Molins a déclaré au Monde que 35 mineurs étaient mis en examen (23 garçons et 12 filles) dans des enquêtes antiterroristes, dont 9 sont détenus. 

AFP








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