SOCIÉTÉ

Mendicité agressive : la police intervient tous les jours à Papeete


Mardi 19 Janvier 2016 à 15:20 | Lu 1460 fois

SÉCURITÉ - Commerçants et passants contactent tous les jours la police pour des cas de mendicité agressive. Si tous les mendiants ne sont pas mal intentionnés, certains, alcoolisés, n'hésitent pas à racketter.


Photo d'illustration. Crédit : Tahiti Nui Télévision
Photo d'illustration. Crédit : Tahiti Nui Télévision
La police municipale reçoit tous les jours des appels pour des cas de mendicité. Près des écoles, des magasins et des distributeurs, les mendiants, souvent sans-abris, sont bien présents. "C'est plutôt devant les magasins, sinon le soir à côté des distributeurs, quand les gens vont retirer les sous, ils en profitent pour mendier", explique Ramses Tetaronia, policier municipal. Souvent, ce sont les commerçants qui préviennent les autorités. "On a souvent des appels des magasins pour les dégagements. Quand ils sont alcoolisés, ils rackettent et ils agressent les passants", explique le mutoi. 
"Des fois, ils boivent en cachette, c'est pour ça qu'on les chasse", témoigne Billy, employé d'un magasin. "C'est dérangeant pour le magasin. Des fois il y a des clients qui se plaignent. On leur conseille de ne pas donner d'argent, de leur donner du ma'a", raconte Billy. 

La mendicité n'est pas interdite par la loi. Cependant, la mairie de Papeete a pris en 2014 un arrêté réglementant les "attroupements et comportements constitutifs ou à l'origine de troubles à l'ordre public"Le texte précise que "sont interdits (...) tout comportement ou activité de personnes, en mouvement ou en position assise ou couchée, seules ou en groupe, avec ou sans animaux, même tenus en laisse, ainsi que tout dépôt d'effets personnels, de nature à entraver la liberté d'aller et venir, la commodité de passage des piétons, l'accès aux immeubles par les riverains ou, de manière générale, contraires aux textes en vigueur ou de nature à porter atteinte au bon ordre, à la sécurité, la tranquillité et la salubrité publiques".  
"On ne peut pas les embarquer. Nous on reçoit des appels disant qu'ils perturbent les passants. On arrive et on les dégage, explique Ramses. C'est notre travail de tous les jours". Les caméras de surveillance aident également les policiers dans leur mission. "Les caméras nous aident beaucoup. Des fois ce ne sont pas les magasins ni les passants qui nous appellent, c'est notre poste de commandement." 

Si certains sont agressifs, tous les mendiants n'agressent pas les passants. "Il y en a qui demandent à avoir 200Fcfp et si on ne donne pas, ils disent "rentrez chez vous", ou ils disent des grossièretés. Mais moi je ne le fais pas", explique une sans-abri. Selon elle, si certains sont devenus agressifs, c'est parce qu'ils ont vécu "la dureté de la rue et le rejet des personnes". Cette sans-abri pour sa part, préfère déposer un pot avec un message. "J'écris juste sur le pot et c'est à eux de voir. Si leur coeur leur dit de donner, ils me donnent, s'ils ne veulent pas, ils ne mettent rien."


Rédaction Web (Interviews : Maite Mai / Esther Parau Cordette)

Ramses Tetaronia, policier municipal


Billy, employé d'un magasin du centre-ville de Papeete


Une sans-abris de Papeete








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