POLITIQUE

Marcel Tuihani: "L'attitude humiliante de Gaston Flosse envers mon père, m'a poussé à démissionner"


Jeudi 8 Juin 2017 à 10:51 | Lu 9657 fois

TAHOERAA - Avant de présider la sixième séance de la session administrative qui se tient ce jeudi à l'Assemblée de Polynésie Française, Marcel Tuihani, président de l'Apf est revenu sur les causes de sa démission du Tahoeraa Huiraatira.


La nouvelle a fait du bruit dans le landerneau politique local. Marcel Tuihani père et fils ont démissionné du Tahoeraa ! Si Mate Tuihani s'est exprimé sur notre site Internet dès mardi, c'était, en revanche, silence radio du côté du fils Tuihani. Ce jeudi matin, avant de présider la sixième séance de la session administrative le président de l'APF s'est expliqué à notre micro sur les raisons qui ont poussé, lui et son père, à divorcer de Gaston Flosse.

"J'ai avalé la pilule des affaires judiciaires, vous les connaissez, j'ai avalé également la pilule de la ligne politique, et les résultats du premier tour des législatives en apportent la démonstration" déclare d'emblée Marcel Tuihani.

Mais s'il y a une pilule qu'il ne pourra jamais avaler, "c'est l'attitude humiliante que Gaston Flosse a eue à l'égard de mon père". Et de raconter: "Lors du dernier bureau exécutif, c'est moi qui ai souhaité partir. (…) Lorsque que j'ai vu certaines réactions et comportements,  j'ai simplement dit à mon père que je souhaitais m'en aller, il s'est levé, je me suis levé, et nous sommes partis."

S'il reconnaît que la politique, "C'est accepter aussi certaines décisions qui parfois peuvent heurter nos consciences, c'est ce que j'ai su faire", il y a eu certaines attitudes à l'égard de son père, qui lui sont restées en travers de la gorge, et qu'il n'accepte pas ou plus.

Si certains s'imaginaient voir en filigrane de cette démission, une quelconque manœuvre visant à approcher d'autres groupes politiques, Marcel Tuihani est clair, "Je n'ai eu aucun contact."

Interrogé sur la possibilité d'avoir un président de l'assemblée qui n'appartient à aucun parti, un électron libre, il estime que "Depuis que la majorité a éclaté, j'étais un président dans l'opposition. Désormais, je serais un président dans la petite minorité. Mon comportement ne changera pas et je traiterai l'ensemble des élus de manière équitable, quelle que soit leur appartenance politique."

Quant à une démission de son siège, il ne l'envisage pas. "Je remercie les élus Tahoeraa qui m'ont porté à cette fonction, les 22 qui ont quitté le Tahoeraa et qui sont désormais au Tapura et les 16 qui sont restés, mais monsieur Flosse m'a appris qu'en politique, il faut aller jusqu'au bout de ses engagements". Rappelant qu'il a porté des chantiers importants qui ont été soutenus par l'ensemble des partis à l'assemblée, il tient à aller "au terme de ces chantiers."

Quant à savoir si ces démissions laissent exsangue le Taoheraa qui voit deux de ses piliers quitter le navire orange, ce qui pourrait provoquer un effet domino au sein du parti, Marcel Tuihani estime que "mon père est un pilier, et certainement le dernier qui restait au Tahoeraa. Que restera-t-il du Tahoeraa ? vous savez, il y a des gens et des militants qui font confiance au mouvement, j'ose espérer que la ligne politique retenue pour la présidentielle et les législatives pourra être modifiée afin de conserver cette base militante."

Du côté du Tahoeraa, certaines voix ont laissé entendre que Marcel Tuihani n'avait pas vraiment fait entendre clairement, son opposition à la ligne du parti, semblant être surpris par sa démission. Son de cloche qu'il réfute. "Je m'inscris en faux" et de citer en exemple, "Lors de l'examen du statut de Pays associé, j'étais le seul avec mon père à m'exprimer."

Pour lui, sa démission est un échec et il regrette de se retrouver dans une situation dans laquelle "beaucoup se sont retrouvés avant moi. Tous ceux qui ont travaillé avec monsieur Gaston Flosse, à un moment donné, ont quitté le mouvement."

Désormais, ses priorités sont, "La suite de ma vie, de mon engagement au sein de l'institution, de ce que je peux apporter à la vie politique polynésienne." Et de se présenter à l'élection municipale de Papeete. Avec ou sans étiquette politique.
 
Rédaction Web avec JB. Calvas et Esther Parau-Cordette








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