SOCIÉTÉ

Makatea ne veut pas revivre son passé


Mercredi 30 Novembre 2016 à 17:13 | Lu 1358 fois

ENVIRONNEMENT - Ce mercredi matin devant la Présidence de Polynésie, une trentaine de personnes manifestait son opposition à la reprise de l'exploitation des phosphates à Makatea. Pendant ce temps, à l'intérieur, une exposition intitulée "Makatea, passé, présent, avenir" se tenait, organisée par Colin Randall, l'homme qui veut reprendre l'extraction des phosphates sur cet atoll des Tuamotu.


Tupuhina Nordman est la présidente de l'association ''Fatu Fenua No Makatea'' qui s'oppose au projet de reprise de l'exploitation des phosphates à Makatea. Elle nous explique le pourquoi de cette présence devant les grilles de la Présidence. "On se rend compte que cet événement organisé à la Présidence, est un plébiscite envers le projet de reprise de l'exploitation des phosphates initié par Colin Randall".

Le géant minier australien, Colin Randall a en effet l'intention de relancer l'exploitation du phosphate à Makatea. Ne lésinant pas sur la communication, il a convié, à la Présidence de Polynésie, la population a visité une exposition consacrée à Makatea, son passé et surtout son avenir, si son projet devient réalité.

Réhabiliter et développer Makatea ce sont là les objectifs principaux de Colin Randall et sa société "Avenir Makatea".  Selon l'industriel Australien, l'extraction minière peut très bien se faire sans endommager l'environnement.  "En Australie nous travaillons dans des endroits très sensibles au point de vue de l'environnement. Notre projet de réhabilitation se fera uniquement aux endroits déjà exploités, pas dans la forêt primaire."   

Crédit photo: DR
Crédit photo: DR
Mais Makatea à déjà donné. L'exploitation des phosphates qui s'est étalée sur une cinquantaine d'années dans cet atoll des Tuamotu a abouti dans les années soixante à l'épuisement du filon et à l'abandon des structures industrielles érigées pour cette exploitation. Du jour au lendemain, tout s'est arrêté.

Depuis, structures rouillées, trous béant dans le sol, font partie du paysage de Makatea. Et le spectre d'une reprise hante beaucoup d'habitants qui ne veulent plus que leur île connaisse de nouveau un tel chambardement.

Voila pourquoi deux associations de défense de Makatea, '' Te Rupe No Makatea '' et '' Fatu Fenua No Makatea" ont appelé la population à manifester son opposition au projet devant la présidence de la Polynésie.

Les associations ne sont pas du tout convaincues par le bien fondé de ce projet. Comme nous l'explique Tupuhina Nordman. "On a eu l'occasion de rencontrer Colin Randall, nous avons discuté avec lui durant deux heures et concernant la réhabilitation de l'île, une fois l'exploitation des phosphates terminée, il n'avait pas de solution."

Poursuivant, "Cela fait depuis 2012 que l'on se bat. Et cette fois nous sommes soutenus par des arguments scientifiques. (...) nous continuons notre combat et sommes fortement opposées à ce projet."

Pour cette femme vivant à Makatea qui compte environ 70 habitants, "On vit bien là-bas. C'est un paradis, un trésor. Cela fait cinq années que j'y suis, et on a développé l'apiculture, la culture maraîchère, et on aimerait bien utiliser nous mêmes notre phosphate dans le futur."

Œuvrer pour un développement durable de l'île, du secteur tertiaire, primaire, tels sont les souhaits de ces associations, regrettant que "le gouvernement ne se soit jamais penché sur une étude du développement de Makatea, en dehors de celle des Australiens."

Selon La présidente de l'association 'Fatu Fenua No Makatea, plus de la moitié des habitants de l'île sont opposés à ce projet.

Crédit photo: Fred Jacq
Crédit photo: Fred Jacq
Pour Philippe Raust, ornithologue et président de l'association Manu, "Makatea est une île unique en Polynésie et dans le reste du monde pour sa faune et sa flore."

Selon ce spécialiste, Makatea abrite un oiseau, le Rupe qui a disparu partout ailleurs sauf sur l'atoll qui abrite les derniers représentants de cette espèce. "Il faut absolument que cet oiseau là soit protégé et qu'il ne soit pas dérangé dans son habitat. Ils sont passés une fois à la limite de l'extinction il y a une soixantaine d'années, lors de la précédente extraction de phosphates."

Pour le scientifique, si l'exploitation des phosphates venait à reprendre, cela sonnerait le glas pour cette oiseau, "Et on perdrait quelque chose qui est unique dans notre patrimoine naturel."
Rédaction Web avec Matahi Tutavae







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