SOCIÉTÉ

Les pompiers pris entre deux feux


Dimanche 21 Mai 2017 à 15:00 | Lu 9244 fois

GREVE - Depuis une semaine que la grève des pompiers est en vigueur, on ne les a pas entendu s'exprimer sur le sujet, laissant les représentants syndicaux parler à leur place. Aujourd'hui, Arnold Toheira, pompier sur la plateforme aéroportuaire de Tahiti-Faa'a, brise le silence. Petite précision: Il est non gréviste


"Si nous ne nous sommes pas exprimés dans les médias, c'est parce que les collègues grévistes ont peur d'être réquisitionnés par le haut-commissaire" explique Arnold, content aujourd'hui de prendre la parole, car, "Nous sommes mal vus par la population."

"Pourquoi on en est là aujourd'hui ?" questionne-t-il, "Pourquoi, nous, les pompiers, on n'a pas le droit de faire grève?. Pourquoi à chaque fois que l'on veut se manifester, les gendarmes nous courent après pour nous réquisitionner ?" Autant de questions qui attendent manifestement des réponses de la part des autorités compétentes.

Le grief principal reproché aux pompiers, c'est de déposer un préavis de grève, juste avant les vacances, en pleine saison touristique, et de laisser les touristes en plan sur le tarmac.

Selon Arnold, ce n'est pas faute d'avoir essayé autrement. "Bien avant la grève, avec nos délégués du personnel, nous avons essayé d'avoir une discussion avec la direction, mais ils sont restés fermés à toutes discussions" Et donc, en a découlé le fameux préavis de grève qui fait jaser et qui est l'objet de tout et n'importe quoi sur les réseaux sociaux.

Entre fiches de paie étalées au grand jour, affichant des salaires mirobolants aux yeux de ceux qui gagnent le smic, et autres bulletins au chiffre nettement plus modeste, la polémique est largement alimentée, déformée et amplifiée au fil des partages.

Pour Arnold, les pompiers sont les dindons de la farce, et sont malgré eux, l'enjeu de pratiques syndicalistes peu ragoutantes. "Il y a deux ou trois ans de cela, on avait nos propres accords avec la direction, mais des syndicats sont venus, derrière notre dos, signer d'autres accords et cela sans notre avis. Et c'est pour cela qu'aujourd'hui on se retrouve dans cette situation."

Arnold ne décolère pas et vitupère, "C'est bien la première fois que je vois une centrale syndicale soutenir la direction. La CSIP". A priori, il semblerait qu'une lutte fasse rage au sein d'ADT, entre les deux organisations syndicales, O Oe To Oe Rima et la CSIP et que les pompiers, soient pris entre deux feux. "On est comme des balles de pingpong entre syndicats, Pays et direction."

Si les pompiers se sont réunis aujourd'hui, c'est pour discuter du nouveau protocole d'accord dont ils ont pris connaissance et faire une contre proposition. "On s'est réunis ici, pour débloquer la situation. Car elle renvoie une mauvaise image de nous, les pompiers. Et nous, nous voulons débloquer cela".

Concernant le protocole d'accord, "Nous en avons pris connaissance et nous allons faire une proposition. Pour l'instant, on ne signe pas."

Pour l'heure, du côté de l'aéroport, le trafic redevient plus fluide, et les premières liaisons inter-îles vers les Australes ont rouvert ce dimanche. Samedi soir, de nombreux touristes ont pu embarquer sur les vols internationaux.
 
 
Rédaction Web avec Laure Philiber







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