MONDE

Le suspect de l'attentat de Berlin abattu par la police à Milan


Vendredi 23 Décembre 2016 à 08:41 | Lu 2361 fois

ALLEMAGNE - L'auteur présumé de l'attentat au camion-bélier de Berlin a été tué dans la nuit de jeudi à vendredi lors d'un contrôle policier "par hasard" à Milan, mettant fin à quatre jours de chasse à l'homme à travers l'Europe.


Crédit : DANIELE BENNATI / AFP
Crédit : DANIELE BENNATI / AFP
Anis Amri, Tunisien de 24 ans, accusé d'avoir tué douze personnes et blessé des dizaines d'autres sur un marché de Nöel berlinois lundi, avait fait allégeance au groupe Etat Islamique, selon une vidéo diffusée vendredi par son agence de propagande. 

Le jeune homme, arrivé récemment en train selon la police, avait été repéré devant la gare milanaise de Sesto San Giovanni vers 3 heures par une patrouille de police qui l'a arrêté pour un contrôle d'identité, a raconté le ministre italien de l'Intérieur, Marco Minniti.
Cette gare, terminus d'une ligne de métro, est un lieu de passage et de trafics où les contrôles sont très fréquents, ont rapporté des riverains à l'AFP.

Anis Amri semble tranquille quand les policiers lui demandent d'ouvrir son sac à dos. Brusquement, il en sort un pistolet et tire sur le chef de patrouille, Christian Movio, 36 ans, le blessant à l'épaule.
Ce dernier tire une fois vers le suspect, qui se cache derrière une voiture. Luca Scatà, 29 ans, jeune policier d'origine sicilienne encore en formation, fait alors le tour de la voiture et touche mortellement le jeune Tunisien.
Selon la police, Anis Amri, qui a purgé quatre ans de prison en Sicile pour avoir incendié une école en 2011, a crié "Batârds de policiers". 

"Cela semble absurde qu'un terroriste de ce type ait été trouvé par hasard au cours d'un banal contrôle, mais c'est la réalité", a assuré le préfet de police de Milan, Antonio de Iesu.
Il "avait très peu d'effets personnels sur lui, aucun papier, c'était un fantôme" : le pistolet, un petit couteau, quelques centaines d'euros, pas de téléphone... Mais l'analyse des empreintes digitales ne laisse "pas l'ombre d'un doute" sur son identité.
Dans son sac, les enquêteurs ont trouvé aussi un billet de train montrant qu'il était monté à Chambéry, dans l'est de la France, et passé par Turin avant d'arriver ce soir-là à Milan, selon des médias allemands. La police italienne a simplement confirmé qu'il était arrivé de France en train.

A Berlin, le gouvernement s'est dit "soulagé", alors que la police allemande a recherché le suspect en vain depuis plusieurs jours, multipliant les perquisitions.
La chancelière Angela Merkel a estimé que le danger "immédiat" était écarté mais que la menace terroriste restait présente, "comme depuis plusieurs années".
La justice allemande avait lancé jeudi un mandat d'arrêt contre ce demandeur d'asile tunisien débouté, dans le sillage d'un avis de recherche européen. 
Ses empreintes avaient été retrouvées sur le poids-lourd berlinois et un document d'identité à l'intérieur.

En Allemagne, la polémique enfle sur les conséquences à tirer de l'attentat berlinois, qui a mis en évidence des dysfonctionnements inquiétants de l'administration et de la surveillance policière à tous les niveaux.
Anis Amri était depuis longtemps connu pour sa radicalisation islamiste et sa dangerosité et n'a pourtant jamais été ni interpellé, ni expulsé bien que sa demande d'asile ait été rejetée en juin 2016.
Et le jeune Tunisien n'a jamais réellement été inquiété alors qu'il faisait l'objet d'une enquête judiciaire pour soupçon de préparation d'attentat. Il a circulé dans le pays en utilisant de multiples identités.

Un expert du jihadisme, Peter Neumann du King's College de Londres, parle d'un "échec systémique". "Il faudra se poser des questions de fond" sur les mécanismes de l'antiterrorisme en Allemagne, a-t-il estimé.

La police allemande a été vivement critiquée aussi pour avoir focalisé son attention pendant 24 heures sur un Pakistanais finalement mis hors de cause, et n'avoir lancé d'avis de recherche contre Amri que mardi soir tard alors que ses papiers avaient été retrouvés le matin même.
 
AFP







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