MONDE

La fonte des glaces menace de faire ressurgir une base secrète US


Mardi 27 Septembre 2016 à 09:29 | Lu 5385 fois

ENVIRONNEMENT - Au Groenland, la fonte des glaces menace d'exhumer une base secrète américaine forée pendant la Guerre froide pour mettre l'URSS à portée des missiles américains. Plusieurs experts craignent un désastre écologique.


Crédit photo: Google
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Le Camp Century enfoui sous la banquise du Groenland est une base secrète forée pendant la Guerre froide, pour mettre le territoire soviétique à portée des missiles américains. Le souci est que la fonte des glaces est en train d’exhumer ce camp militaire, avec le risque de déverser dans l'océan, eaux usées, polychlorobiphényles (PCB) et résidus radioactifs.

"Personne ne pensait que (la base) ferait surface (...) mais le monde a changé", explique William Colgan, glaciologue à l'université canadienne de York. Au train où vont les choses, la base devrait être peu à peu mise au jour à partir de 2090.

En 1959, le Corps des ingénieurs de l'armée américaine (USACE) creuse "Camp Century" à environ 200 kilomètres à l'est de la base aérienne américaine de Thulé. Officiellement, il s'agit d'établir des laboratoires de recherche sur l'Arctique. On perce des tunnels pour accueillir les labos, un hôpital, un cinéma et une église, le tout alimenté par un petit réacteur nucléaire.

Trois ans plus tard, les militaires américains soumettent à leur état-major le projet "Iceworm" ("vers de glace") : creuser au même endroit un réseau de galeries et y stocker 600 missiles balistiques. Les travaux sont lancés mais les ingénieurs réalisent que la glace est vivante, mouvante, qu'elle menace de broyer les tunnels. Le projet est abandonné en 1967. Le réacteur nucléaire est extrait, mais les déchets demeurent.

Face au risque écologique, des voix s'élèvent aujourd'hui pour exiger une grande opération de nettoyage. Mais qui pour le faire ? Et pour le financer ? Le coût du creusement de la banquise et de la récupération des déchets à plus de 30 mètres de profondeur serait exorbitant. Pour les glaciologues, il n’y a plus qu’à attendre… la fonte naturelle. Le ministre des Affaires étrangères du Groenland, Vittus Qujaukitsoq, se dit "préoccupé" par ce sujet et est déterminé à établir les responsabilités.  

 
Rédaction Web avec LCI






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