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Japon : au moins sept morts, dégâts considérables dans un nouveau séisme


Vendredi 15 Avril 2016 à 18:17 | Lu 1285 fois

PACIFIQUE - Un puissant tremblement de terre a de nouveau frappé le sud-ouest du Japon dans la nuit de vendredi à samedi, tuant au moins sept personnes et provoquant destructions, incendies et glissement de terrain.


Crédit : KAZUHIRO NOGI / AFP
Crédit : KAZUHIRO NOGI / AFP
Neuf personnes avaient déjà péri dans un premier séisme d'une magnitude de 6,5 survenu jeudi soir. 
Ces nouvelles secousses ont mis à rude épreuve les nerfs des habitants, éprouvés par les répliques à répétition, et déclenché une gigantesque coulée de boue et de pierres, emportant des maisons et coupant une autoroute. 
 
Samedi, des milliers de secouristes cherchaient des survivants dans les décombres. Selon le porte-parole du gouvernement Yoshihide Suga, des dizaines de personnes étaient prisonnières ou enterrées vives - 76 cas ont été évoqués.
 
Contrairement au précédent séisme, qui a affecté surtout des maisons vétustes, celui-ci a endommagé ou fait basculer des bâtiments plus importants à travers la préfecture de Kumamoto, à quelque 900 km de Tokyo.
 
"Selon la police et les pompiers, sept personnes sont décédées", a indiqué Takayuki Matsushita, un fonctionnaire de la province. La chaîne de télévision NHK a pour sa part fait état de 15 morts et de centaines de blessés.
"C'était tellement fort, il y avait plein de gens paniqués dans la rue", a relaté un de ses collègues, Shotaro Sakamoto.
 

Une petite éruption du volcan Aso, situé sur la même île de Kyushu, a par ailleurs été observée, selon les autorités, mais le niveau d'alerte n'a pas été élevé et le lien avec les séismes n'a pas été formellement établi.
 
Onze personnes se trouvaient bloquées dans un immeuble d'habitation de l'université de Tokai à Minami-Aso près du glissement de terrain, a précisé un autre représentant de la préfecture. Selon la chaîne TBS, sept d'entre elles ont cependant pu être sauvés.
 
"Des incendies ont éclaté en beaucoup d'endroits" et de "graves dommages sont constatés dans de vastes zones", a relevé M. Suga. Un pont de 200 mètres effondré, des routes fissurées voire éventrées, un sanctuaire séculaire démoli: des images télévisées montraient des scènes de désolation. 
 
Le nouveau tremblement de terre, de magnitude 7,0, d'après l'Institut de géophysique américain (USGS), est survenu samedi à 01H25 locale (16H25 GMT vendredi) à une profondeur de 10 km seulement, suivi de multiples répliques. 
L'agence de météorologie japonaise l'a évalué à 7,3, précisant que celui de jeudi était en fait un choc "précurseur". 
 
"Nous sommes sorties de la maison à cause des secousses qui n'en finissaient pas", a raconté Hisako Ogata, 61 ans, évacuée avec sa fille dans un parc de Kumamoto où une cinquantaine de personnes étaient assises sur des bâches de plastique bleu. "On a eu tellement peur, mais heureusement nous sommes vivantes !"
"J'ai été réveillé par le séisme. Mon corps rebondissait sur le lit. Le téléviseur est tombé", a témoigné un photographe de l'AFP.

Crédit : KAZUHIRO NOGI / AFP
Crédit : KAZUHIRO NOGI / AFP


Un hôpital de la ville de Kumamoto qui penchait dangereusement était évacué en fin de nuit samedi. 
L'aéroport a été fermé en raison de la chute du plafond du terminal, des dizaines de milliers de foyers étaient privés d'électricité et de nombreuses usines à l'arrêt (Toyota, Honda, Sony...).
 
La première secousse dans la nuit de jeudi à vendredi, d'une violence inédite pour bien des riverains, avait endommagé le château de Kumamoto, vieux de 400 ans, et détruit de nombreuses maisons dans la petite ville voisine de Mashiki. 
 
Les sauveteurs avaient sorti saine et sauve des décombres une fillette de huit mois, plus de six heures après le tremblement de terre. 
Au total, 1 500 blessés, dont 80 grièvement, ont été recensés depuis jeudi soir.
 
Aucune anomalie n'a été relevée dans la centrale nucléaire de Sendai, a assuré la compagnie Kyushu Electric Power. Les autres installations nucléaires situées dans la région secouée, à savoir celles d'Ehime et Genkai, n'ont pas été affectées.
 
Le Premier ministre Shinzo Abe était attendu dans la journée de samedi dans la région, mais sa visite a été annulée et un conseil de crise convoqué. Le gouvernement va envoyer 20 000 hommes sur place au cours du week-end.
 
Situé à la jonction de quatre plaques tectoniques, le Japon subit chaque année plus de 20% des séismes les plus forts recensés sur Terre.
 
Les Japonais sont encore plus sensibles aux risques depuis le tsunami de mars 2011, qui a tué quelque 18.500 personnes et provoqué la catastrophe nucléaire de Fukushima.
 
AFP







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