MONDE

Irma : face à la polémique, le gouvernement s'engage dans un plan de reconstruction


Lundi 11 Septembre 2017 à 10:22 | Lu 784 fois

SAINT-MARTIN / SAINT-BARTHÉLEMY -Face à la polémique sur la gestion de la crise et l'exaspération des habitants, le gouvernement s'engage dans un vaste plan de reconstruction des îles de Saint-Martin et Saint-Barthélemy, épargnées par José mais dévastées par Irma, avant l'arrivée d'Emmanuel Macron mardi.


Crédit : Martin BUREAU / AFP
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Accusé par l'opposition d'avoir insuffisamment préparé en amont l'arrivée d'Irma, le gouvernement se veut désormais à l'offensive. "La reconstruction doit sans attendre mobiliser toute notre énergie", a déclaré lundi le Premier ministre Edouard Philippe, à l'issue de la première réunion, à Matignon, du comité interministériel pour la reconstruction des deux îles ravagées.

"L'investissement est complet, et la reconstruction le sera, rassurez-vous", a aussi assuré le chef de l'Etat, interpellé au cours d'un déplacement à Toulouse par une jeune Antillaise. Le président se rend mardi dans les deux îles, accompagné des ministre de l'Education et de la Santé.

Les hôpitaux de Saint-Barth et Saint-Martin ayant "beaucoup souffert" de l'ouragan, le Premier ministre a annoncé la mise en place dès mardi au stade de Marigot (Saint-Martin) d'un "centre de soins sous tente de grande capacité" pour les victimes de l'ouragan, avant l'arrivée prochaine du "bâtiment de projection et de commandement Tonnerre", qui servira d'hôpital flottant.

Alors que la rentrée des classes n'a pas pu avoir lieu sur les deux îles, il a indiqué que l'objectif était "d'assurer la reprise des cours dans des conditions normales à la rentrée des vacances de la Toussaint. Sur les 21 écoles que compte Saint-Martin, seules "trois restent entières".
Un délégué interministériel sera par ailleurs nommé dans les prochains jours afin de coordonner la reconstruction. 

Crédit : Martin BUREAU / AFP
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Le Premier ministre a une nouvelle fois dénoncé "ceux qui s’improvisent experts en gestion de crise ou en logistique exceptionnelle pour faire naître des polémiques", après les critiques de plusieurs membres de l'opposition, comme Jean-Luc Mélenchon (LFI) réclamant une commission d'enquête parlementaire sur la gestion en amont. 
"Nous acceptons volontiers une commission parlementaire", a assuré le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb. 

Sur place, après le passage de l'ouragan José plus au large que prévu, l'heure est à la reprise des ponts aériens et maritimes pour évacuer les plus vulnérables dans un sens, et acheminer du fret et des vivres dans l'autre.
A l'aéroport de Grand-Case dans la partie française de Saint-Martin, depuis dimanche, un ballet incessant d'hélicoptères et d'avions a repris. Tifanie, 31 ans, part, seule et définitivement, valise cabine pour tout bagage : "Nos maris et frères restent pour aider, mais moi je pars, j'ai tout perdu".
"Je comprends parfaitement la fatigue, l’angoisse du dénuement, le besoin de répit" des "nombreux habitants des deux îles" qui souhaitent rejoindre la Guadeloupe ou la métropole", a souligné Edouard Philippe. 

Des listes de tous ceux qui veulent partir, seront "constituées", avec une priorité donnée "aux personnes les plus fragiles et dont les logements seraient inhabitables, notamment les personnes âgées, les familles avec de jeunes enfants, a-t-il précisé.
Le visage marqué, les traits tirés, les yeux cachés derrière des lunettes de soleil, certains avec des couvertures de survie, 278 rescapés sont arrivés en fin d'après-midi à l'aéroport de Roissy. Parmi eux, quelques un portaient des bébés dans les bras, ou avaient des bagages légers.
Dominique, habitante depuis dix ans de Saint-Martin qui se trouvait en France au moment de l'ouragan, est venue chercher sa petite-fille de 15 ans. "Tout le monde essaie de fuir, c’est une terreur là-bas", raconte-t-elle.

Dans un paysage de ruines et privé d'eau potable - au moins trois mois seront nécessaires pour reconstruire les systèmes de distribution-, les secours, militaires et forces de l'ordre dépêchés sur l'île sont désormais 1 500 et passeront bientôt à 2 000.
Environ 85 tonnes de nourriture, un million de litres d'eau et 2 200 kg de médicaments ont été transportés, selon la préfecture de région.
"L'ordre public a été rétabli", a réaffirmé Gérard Collomb. Une porte-parole de la gendarmerie a évoqué "23 arrestations depuis le 7 septembre", distinguant d'un côté des "vols que nous pourrions presque qualifier de nécessité (...) de denrées", commis par des personnes "qui ont tout perdu, qui ont peur, (...) faim et soif", et de l'autre "des vols (...) d'opportunité", concernant de la "hi-fi, de la bijouterie, de l'électroménager", qui peuvent faire l'objet de garde à vue.

Irma a fait au moins dix morts et sept disparus dans les îles françaises, quatre dans la partie néerlandaise, selon le dernier bilan. Au total, 27 personnes sont mortes dans les Caraïbes.
Une interdiction de circulation s'apparentant à un couvre-feu reste en vigueur à Saint-Martin entre 19H00 et 07H00 jusqu'à mercredi.
Irma, rétrogradé en tempête tropicale par les météorologues américains, a fait ses premières victimes en Floride, où il s'est abattu dimanche, avec trois morts dans des accidents de voiture visiblement dus aux vents et pluies intenses. Donald Trump a déclaré l'état de catastrophe naturelle et annoncé sa visite prochaine.

AFP







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