POLITIQUE

"Il ne reste plus que le Tahoera'a pour sauver le pays !"


Jeudi 28 Avril 2016 à 10:58 | Lu 1817 fois

L'INVITE DU JOURNAL - Convié mercredi à commenter l'actualité dans les éditions d'information de Tahiti Nui Télévision, Gaston Flosse a rappelé sa détermination a poursuivre sa carrière politique et les combats de son parti.



Une première question: vous comptiez organiser des primaires, et finalement, vous n'avez eu que trois candidats. Il n'y a plus de désir d'être élus dans les rangs du Tahoera'a ?

"Tous les présidents de fédération ont été prévenus, ils ont reçu une correspondance leur demandant de faire appel aux présidents de section, et malgré cela, nous n'avons eu qu'une candidature par circonscription... donc, il n' a pas lieu d'organiser des primaires et c'est pas plus mal. "

Teura Iriti a de l'expérience en politique. Moana Greig et Vincent Dubois, cependant, un peu moins. Pourquoi eux ?

"Vincent Dubois était quand même notre sénateur pendant 4 mois, et pendant ce peu de temps, il a quand même beaucoup fait avec Teura Iriti, au Palais du Luxembourg. Je pense qu'ils n'ont pas terminé leur programme, et nous les remettons dans la course à l'Assemblée nationale, pour terminer. Le nouveau programme du Tahoera'a: le statut de pays associé à la république, va leur donner du pain sur la planche.  Nous comptons également sur Moana Greig, qui a déjà été ministre de l'éducation, et qui n'est pas un inconnu".

Il n'y a pas eu de critère familial dans ce choix ?

"Non pas du tout, pas du tout. Les deux premiers étaient déjà nos candidats aux sénatoriales, et c'est le président du Tapura Huira'atira qui est venu brouiller les choses."

Et à la présidentielle, vous soutiendrez Alain Juppé, allié, localement, à Tearii Alpha ?

"Oui, nous soutiendrons Alain Juppé, parce-que nous le connaissons très très bien. C'est un homme qui a encore cette culture de l'entourage de Chirac, qui a la culture de l'outre mer, alors que depuis Sarkozy, nous n'avons eu que des déboires: les subventions, les conventions ont été supprimées... et encore pire avec Hollande. Donc, nous sommes contents qu'un vrai Gaulliste se présente et nous le soutiendrons."

Alors ça c'est en 2017, mais votre avenir politique se jouera surtout en 2018: si vous êtes éligible, vous serez candidat à 86 ans?

"Je présenterai ma candidature au grand conseil du Tahoera'a Huira'atira, et si je suis retenu, je me présenterai!Je crois qu'il ne fait pas regarder l'âge: je suis en bonne santé, j'ai le cerveau qui fonctionne bien... et je crois que ce n'est pas le nombre d'années qui compte mais le savoir faire, l'expérience, que n'a pas notre président aujourd'hui..."

Ca vous fera quand même gouverner jusqu'à 91 ans ?!

"Regardez ce qu'il se passe avec le dossier de Hao. Monsieur Wang Cheng s'était engagé à investir 150 milliards! Le président est allé à sa rencontre en Chine, alors que jusque là, ce sont eux qui venez chez nous: et regardez: la moitié de l'investissement!!!"

Gaston Flosse, je répète ma question: vous seriez prêt à gouverner jusqu'à 91 ans ?

"Ce n'est pas une question d'âge, c'est une question de confiance de la population. Regardez, en 2013, c'est 62 000 polynésiens qui ont fait confiance au Tahoera'a Huira'atira. Aujourd'hui, nous avons fait le tour des partis politiques: l'UPLD, Gaston Tong Sang, aujourd'hui, Edouard Fritch... nous allons directement dans le mur avec lui! c'est l'échec total! Il ne reste plus que le Tahoera'a pour sauver le pays!"

Quand vous êtiez au pouvoir, Gaston Flosse, vous défendiez une politique de grands travaux. Edouard Fritch poursuit la ferme aquacole, le Mahana beach, et annonce deux nouvelles routes. Il vous a convaincu ?

"Non. La ferme aquacole à moitié: c'est pas ça! C'était 150 milliards! Il revient de Chine, a-t-il parlé de Mahana beach? Aucun mot sur Mahana beach! Rien! Ca veut dire quoi? Est-ce que ce chantier, qui est un chantier de développement, qui va développer la première industrie de notre pays, c'est à dire le tourisme, est oublié? Aujourd'hui, on nous sort du chapeau, comme un lapin, la route du Sud. Mais nous avons suivi le ministre qui nous dit: ce ne sera prêt qu'en 2020!"

C'est trop tard selon vous ?

"C'est trop tard, et puis d'abord, avec quel argent? Ca coûte énormément! Nous avons ce projet de Te ara nui depuis longtemps: ça coûte de l'argent."

Autre dossier important: vous avez instauré la PSG, mais aujourd'hui, elle n'est plus viable. Où faut-il économiser de l'argent selon vous ?

"Les pouvoirs publics ont crée, en 1996, le RST. ce régime de solidarité territoriale. Ils sont près de 80 000 pauvres, aujourd'hui, à vivre dans la précarité, dans la misère. Nous voulons nous occuper d'abord de ces ressortissants là!"

Où économiser alors ?

"Nous attendons! Nous n'avons aucun projet du gouvernement! Nous défendrons les ressortissants du RST, et nous nous opposeront farouchement à l'impôt sur le revenu que veut créer Edouard Fritch! Luc Tapeta l'a dit à l'Assemblée: la population paiera à partir du premier franc, jusqu'au dernier! Ca veut dire quoi? Que les marchands de mape au bord de la route, paieront également cet impôt? Mais enfin, il cherche la révolution notre président!"

Vous avez débuté votre carrière contre les autonomiste, puis vous avez dirigé le camp autonomiste, et aujourd'hui, vous souhaitez un statut de pays associé. Est-ce que vous finirez indépendantiste ?

"Pas du tout! Aujourd'hui, le combat n'est plus un combat autonomie/indépendance. C'est dépassé! La preuve: aux dernières élections de 2013, 93 000 polynésiens ont voté pour l'autonomie!Le combat, aujourd'hui, c'est un combat contre la pauvreté, contre la misère! Pour l'emploi! C'est le combat que nous voulons mener!"

Mais quel est l'intérêt de ce statut de pays associé ?

"Le président lui-même l'a dit: il faut toiletter le statut qui date de 2004. Et nous, nous disons: plutôt que de rester sur ce statut là, allons plus loin dans l'autonomie. C'est un pays associé, il ne faut pas l'oublier, à la République! Nous restons français, et nous faisons de ce statut un partage clair des compétences entre l'Etat et le territoire. Regardez le problème du développement de notre tourisme: si nous ne sommes pas compétents dans l'entrée des touristes, les visas, nous ne pourrons pas développer ce secteur là! Donc, nous demandons de nouvelles compétences, mais tout cela dans un sens prioritaire, celui du développement de l'entreprise, pour fournir de l'emploi, et aller de l'avant!"
 
Rédaction web
 

Vous pouvez revoir l'interview en intégralité:








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