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Guam : la lutte contre les serpents et le rhinocéros du cocotier


Mercredi 8 Juin 2016 à 13:50 | Lu 1339 fois

PACIFIQUE - Sur l'île de Guam, les espèces envahissantes déséquilibrent l'écosystème local . Le serpent brun arboricole est devenu une véritable calamité. Les oiseaux endémiques sont menacés. L'île n'est pas non plus épargnée avec la présence du rhinocéros du cocotier.


Crédit : Thomas Chabrol / Tahiti Nui Télévision
Crédit : Thomas Chabrol / Tahiti Nui Télévision
C'est  à la fin de la Seconde Guerre mondiale que l'invasion a débuté. Un cargo en provenance de Papouasie Nouvelle-Guinée ramène accidentellement le serpent brun arboricole (Boiga irregularis) à Guam, cette terre rattachée à la tutelle des États-Unis dans l'archipel des Mariannes.
Depuis, l'espèce a envahi l'île de 549km2 , faute de prédateurs. D'après les estimations, il y en aurait actuellement plus de 2 millions. S'il s'avère non dangereux pour l'homme, il est une menace pour les oiseaux de Guam. À taille adulte, il peut atteindre 3 mètres de long."Avant que le serpent arrive à Guam, il y avait 12 espèces d'oiseaux forestiers...et depuis qu'il est ici, nous n'en avons plus que 10. Toutes sont presque anéanties" précise Diane Vice, responsable de la division vie sauvage, au département de l'agriculture. 

Pour sauver la faune, le département de l'agriculture élève des oiseaux en cage, à l'abri des prédateurs, serpents mais aussi des chats. On y protège notamment  le KoKo. À l'état sauvage, l'oiseau n'est visible que sur un petit atoll au sud de Guam exempte de prédateurs. "Les cages sont divisées par 10 et bien grillagées et là-bas dehors, nous avons aussi un espace grillagé, on y trouve des couples, compatibles pour la reproduction. Nous essayons d'avoir des poussins pour les faire grandir et qu'ils soient ensuite prêts à être relâchés", explique Vince Quintanilla, technicien à la division Vie sauvage.

Grâce à la science, le département de l'agriculture fait des croisements entre les espèces à partir de l'héritage génétique des oiseaux endémiques capturés.  Mais où les relâcher sur une île envahie de serpents ?  Faute d'avoir pour l'heure des zones exemptes de prédateurs à Guam, les oiseaux élevés sont réintroduits à Rota, une île voisine. 

 Les autorités multiplient  les méthodes avec des pièges disposés sur les clôtures. À l'intérieur une souris vivante : "c'est l'un des pièges les plus efficaces au monde pour lutter contre les serpents. Nous utilisons aussi les spots lumineux la nuit, c'est très pratique pour chercher sur les clôtures, car il y a souvent des oiseaux et des lézards, et c'est facile comme ça de voir des serpents , en tout cas c'est plus simple que dans la jungle" précise Diane Vice.
Autre méthode : le paracématol.  Le serpent est mortellement allergique à ce médicament. Le cachet est placé dans des souris mortes. En 2013, 2000 souris ont été parachutées sur l'île avec un bout de carton pour rester coincées dans les arbres, là ou vit le serpent.

Autre fléau , le Rhinocéros du cocotier. Tout autour de l'île, les palmes de cocotiers sont dentelées. Ce scarabée peut aussi entraîner la mort de l'arbre.  Son éradication reste très difficile . "Un cocotier mort c'est l'idéal pour l'insecte, car il peut pondre dans le tronc mort et les larves mangent l'arbre qui pourrit. leur nombre augmente comme ça", explique Diane Vice.
La meilleure défense reste donc la prévention pour éviter sa propagation ailleurs dans le Pacifique. À Palau, en Micronésie l'insecte a déjà dévasté la moitié des cocotiers.  
 
                                                                                                                      Thomas Chabrol








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