POLITIQUE

Gaston Flosse tacle violemment Edouard Fritch au JT


Vendredi 10 Avril 2015 à 10:43 | Lu 1552 fois

Tahoeraa. A l'ouverture de la séance de la session administrative à l'assemblée de la Polynésie hier jeudi, les tensions étaient encore vives, Edouard Fritch profitant de son discours pour répondre aux attaques de Gaston Flosse. Dans la soirée, invité sur le plateau du journal de Tahiti Nui Télévision, Gaston Flosse a, une nouvelle fois, violemment critiqué son successeur, présentant des documents au journaliste et ne mâchant pas ses mots.


Gaston Flosse, vous êtes le président du Tahoeraa Huiraatira. Hier (mercredi, NDLR), vous avez annoncé qu'Edouard Fritch allait quitter le Tahoeraa pour créer son propre parti. Aujourd'hui, il affirme qu'il reste fidèle au parti et qu'il applique le programme. Quelle est votre analyse ?
"C'est la déduction simple de la division qu'il a introduite au sein du Tahoeraa Huiraatira et plus particulièrement à l'assemblée. Le 27 novembre dernier, lorsque le président de l'assemblée a déposé une résolution demandant à la France de tous les dommages causés à l'environnement, et une location pour les atolls de Moruroa et Fangataufa, quelle a été l'attitude de Edouard Fritch ? Edouard Fritch s'est empressé, sur la pression de l'État, à la demande du haut-commissaire, de créer un groupe de 13 représentants au sein du Tahoeraa Huiraatira, et les inciter à voter contre le projet du président de l'assemblée. Et la division est venue de ce moment-là. Et ces 13 là restent entre eux, n'assistent plus aux réunions du conseil politique, du grand conseil. Ils vivent complètement sous la direction d'Edouard Fritch. Alors, qu'il crée son parti, carrément. Regardez, il y a des élections sénatoriales. Ses sénateurs vont se présenter sous quelle étiquette. Ils n'auront pas de drapeau, pas de couleur. Ils vont venir comment, torse nu ? Comme des enfants abandonnés. Mais je sais qu'Edouard Fritch n'aura jamais le courage de créer son propre parti. Il n'ira jamais jusqu'au bout. Il a commencé avec cette division au sein de l'assemblée. Mais il recule actuellement. "

L'aide de l'État n'est-elle pas nécessaire pour mettre en place tout le programme que vous avez initié au sein du Tahoeraa ?
"L'aide de l'État sur le contrat de projets, oui, les 50 milliards. Mais il faut bien remarquer que nous participons pour la moitié, et l'Etat l'autre moitié. Ce n'est pas 50 milliards de l'Etat, c'est 25 milliards de l'Etat et 25 milliards du Pays. 
Mais je crois que ce qui est important c'est la remarque qu'il a faite concernant les allocations familiales du RST. C'est vrai, merci à la France pour le 1.4 milliard qu'ils nous accordent..."


Pour vous, ce n'est pas suffisant ?
"C'est une misère. Quand on sait qu'il y a 80 000 ressortissants au RST, que la dépense est de l'ordre de 27 milliards par an. 1.4 milliards... et encore, sur trois exercices seulement. Et avec des exigences allant jusqu'à nous dire d'unifier le montant des prestations familiales. Et c'est le contenu dans la lettre du président de la Polynésie française du 25 février 2015 adressée au président de la République. Il dit qu'il faut, et c'est une des exigences de l'Etat, unifier le montant des prestations familiales. Et c'est la proposition 61. Voici ce que dit cette proposition : unifier dans un premier temps et sans délai, le montant des prestations familiales au montant actuellement versé au régime des salariés, c'est-à-dire 7000 Fcfp. C'est Edouard Fritc, ce n'est pas tombé du ciel."

Vous êtes contre qui ? Contre Edouard Fritch ou contre l'État ?
"Non, je suis pour la Polynésie. Je suis pour les Polynésiens. Lorsque le président de l'assemblée dépose cette résolution, je le soutiens à fond parce que c'est dans l'intérêt de la Polynésie. Lorsqu'il s'oppose à cette demande d'Edouard Fritch de diminuer les allocations familiales, et j'en ai la preuve ce soir... Reportez-vous au rapport de madame Gilda Vaiho qui dit également que c'est impossible, qu'on ne peut pas accepter de baisser les prestations familiales. Lorsqu'il dit qu'il n'est pas fou pour baisser les CAE, voici encore des preuves que j'apporte (Gaston Flosse montre des documents surlignés, NDLR). C'est vrai, notre président a beaucoup de travail. Mais mon cher Édouard, tu devrais peut-être bien relire les documents qui arrivent à l'assemblée.(...) Je ne dis pas que le président est fou."

Ce matin (jeudi, NDLR), dans son discours, Edouard Fritch dit appliquer le programme du Tahoeraa, comme, par exemple la création d'emplois. De ce fait, il propose de soutenir financièrement les communes. Qu'en pensez-vous ?
"Oui, il a soutenu les communes. Et il dit que ces dossiers sont restés bloqués. Bien sûr, j'ai bloqué ses dossiers. Je vous donne un dossier (Gaston Flosse montre un document, NDLR). Il s'agit d'un dossier qui a été présenté par le maire de Tumaraa, Cyril Tetuanui qui est le mari de Lana Tetuanui, candidate aux sénatoriales. Il nous demandait une subvention de près de 40 millions pour financer l'acquisition d'équipement de spectacle. Alors que des gens sont dans la misère, la pauvreté excessive, on va donner 40 millions pour aller acheter des équipements de spectacle ? C'est scandaleux. Bien sûr que j'ai refusé ces sortes de gaspillages d'argent. Édouard l'a fait. Bon..."

Concernant Tahiti Mahana Beach, le gouvernement a réétudié la faisabilité de ce projet. Vous n'avez plus souhaité être associé à ce concept. Et pourtant, c'est le point fort de votre programme pour relancer l'économie du Pays...
"Vous savez, quand Edouard Fritch a été élu président de la Polynésie, quand nous l'avons élu, mon rêve c'était qu'il dise : "Écoutes, j'ai beaucoup à faire. Le pays a besoin qu'on s'en occupe de très près". Mon rêve, c'était qu'il me dise : "prends le dossier du Mahana Beach et continues le travail que tu as commencé". Malheureusement, il a voulu s'en occuper. Mais c'est un projet trop grand pour lui. Il n'y avait pas de place dans sa petite cervelle."

Pour revenir sur le plan politique, selon Edouard Fritch, ce n'est pas lui qui est à l'origine de la division au sein du Tahoeraa, mais ce serait vous. Il parle notamment de gestion du pouvoir. Un pouvoir sans partage, qui aurait conduit à cette division...
"Vous savez, c'est moi qui suis allé à sa rencontre. Depuis son élection, il ne m'adressait plus la parole. Il ne me disait même plus bonjour. La preuve, ce matin, regardez la séance d'ouverture de l'assemblée, il est passé à deux pas du président de l'assemblée. Vous croyez qu'il est allé le saluer ? Il est reparti à sa place. Et on dit que ce sont les autres qui divisent. La division au Tahoeraa Huiraatira est venue le 27 novembre 2014 lorsqu'il a formé ce groupe des 13 pour leur dire de s'opposer à la résolution du président de l'assemblée. De puis ce jour, je vous assure, ce groupe est un groupe à part du Tahoeraa. Moi je pensais qu'il aurait le courage d'aller jusqu'au bout avec ce groupe, de créer son parti, de s'associer peut-être avec Teva Rohfritsch ou avec Oscar Temaru, je ne sais pas. Mais c'est vrai qu'il ne va jamais jusqu'au bout de ses projets. Nous avons vu ce matin (jeudi, NDLR), pendant près de 2 heures, toute cette litanie de projets. Ils vont être réalisés quand et comment ? Quant à ceux qui ont été réalisés, il nous a cité ce matin l'inauguration de la route qui va de la RDO à l'aéroport. Qui a fait ça ? C'est le vieux. Les travaux d'embellissement du port, les cocotiers... C'est le vieux. Toutes les inaugurations aujourd'hui, c'est de l'époque du vieux."






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