SOCIÉTÉ

Frustrés et en colère, les touristes américains estiment être "pris en otage"


Mardi 23 Mai 2017 à 16:11 | Lu 20400 fois

GREVE – Alors que la venue de Barack Obama avait fait parler de la destination Tahiti dans le monde entier de façon dithyrambique, la grève des pompiers de l'aéroport a vite fait retomber le soufflé. De nombreux touristes américains ne cachent pas leur colère, allant jusqu'à parler de "prise d'otage".


Christopher Kozely, Consul des Etats-Unis à Tahiti. Crédit photo: TNTV
Christopher Kozely, Consul des Etats-Unis à Tahiti. Crédit photo: TNTV
"Les retours je les ai eu  très rapidement, quasiment dès le début de la grève" indique Christopher Kozely, Consul des Etats Unis à Tahiti. "Les Américains sont déçus et ne comprennent pas" assure le représentant américain. Et pour cause: "Aux Etats Unis, la possibilité de faire grève comme cela, ne fait pas partie des mœurs".

Les américains qui viennent visiter Tahiti, ne sont pas tous Texans, et rois du pétrole. La plupart font partie de la "middle class" et un voyage à Tahiti représente pour eux une belle somme, synonyme de sacrifices pour se payer un tel voyage. Et une fois arrivés, il s'aperçoivent que la "terre promise" est en proie à des agitations sociales qui vont bouleverser leurs vacances. Celles dont ils ont rêvé peut être, durant toute une vie, et économiser pour se les offrir.

"Les vacances type des Américains à Tahiti, c'est de faire les îles, puis revenir sur Tahiti et partir. Sauf que là, ils arrivent sur une première île, ils sont bloqués, et ne peuvent pas mettre à profit leurs vacances pour voir d'autres îles. Ils sont déçus, frustrés et fâchés. Et certains regrettent d'être venus."

Selon leurs propres termes, "ils sont pris en otages". Ce sont les mots qui reviennent le plus souvent lors d'échanges téléphoniques que Christopher Kozely a eu avec ses compatriotes coincés en Polynésie. "Ils ne comprennent pas, ils me disent, 'on vient ici et on est pris en otage. On ne peut pas faire ce que l'on veut, et on ne peut pas rentrer chez nous." Certains parlant même de porter plainte à leur retour aux Etats Unis, comme d'autres l'ont fait lors des blocages de 2010, auprès de la justice américaine.

Et ce n'est pas anecdotique. La démarche peut avoir des répercussions que l'on ne mesure pas. "Si ils déposent plainte contre les responsables syndicaux qui ont déclenché la grève, ceux-ci  peuvent se voir incarcérés lors d'un transit aux Etats Unis et trainés devant les tribunaux pour détention de personnes contre leur gré."

Visiblement remonté, le consul analyse la situation comme étant "déplorable. On a eu la chance d'avoir Obama qui a boosté la destination et la réputation de Tahiti dans le monde entier, des gens travaillent dans l'ombre pour vendre la destination, s'investissent et cela est gâché par quelques individus."

Si Christopher Kozely concède toutefois qu'il y a eu "des efforts concernant des vols qui ont été maintenus sur Raiatea et Bora Bora", Il a eu par contre des retours de Tikehau, où des touristes bloqués, essayant de trouver une embarcation pour revenir sur Tahiti se voyaient proposer de regagner Tahiti à bord de poti marara, "Ce qui était illégal et mettait en danger leur vie. Imaginez si des touristes américains s'étaient noyés parce qu'ils avaient essayé de regagner Tahiti à bord de telles embarcations. Et certains l'ont fait… cela m'a été confirmé" assure-t-il.
 
Rédaction Web avec Laure Philiber et Tauhiti Tauniua Mu San







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