MONDE

Emmanuel Macron ne veut plus de migrants dans les rues « d’ici à la fin de l’année »


Vendredi 28 Juillet 2017 à 09:05 | Lu 2032 fois

FRANCE - L'objectif fixé par Emmanuel Macron de n'avoir "plus personne dans la rue" d'ici à la fin de l'année a naturellement remporté l'adhésion des organisations d'aide aux migrants, mais celles-ci attendent les moyens pour mettre en œuvre ce programme ambitieux.


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"Le président de la République fixe un objectif digne pour notre pays", a approuvé Pierre Henry, le directeur général de France terre d'asile, interrogé par l'AFP. Est-il pour autant réalisable? "En tout cas, il y a un objectif qui est donné. Zéro migrant dans la rue à Noël, on a le droit d'y croire", estime-t-il, admettant que "ça va être dur, mais on va y arriver".

En déplacement jeudi à Orléans,  Emmanuel Macron a déclaré que "d'ici la fin de l'année", il ne voulait "plus personne dans les rues, dans les bois". "Je veux partout des hébergements d'urgence, je ne veux plus de femmes et hommes dans les rues."

"On ne peut qu'être favorable à un tel objectif. Maintenant, si derrière, il n'y pas une programmation de places d'hébergement en nombre suffisant, c'est du pipeau", met en garde Florent Gueguen, directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité (Fnars) qui regroupe 870 associations. "Et cela implique nécessairement une renégociation du plan Collomb", ajoute-t-il.

Mi-juillet, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb avait présenté un "plan migrants" qui prévoit la création de 12.000 places d'hébergement pour les demandeurs d'asile et les réfugiés d'ici 2019, bien en deçà des 40.000 places en Centres d'accueil pour demandeurs d'asile (Cada) et 10.000 places en Centre d'accueil et d'orientation (CAO) sur le quinquennat réclamées par les associations.

Interrogé sur les moyens qui seront mis en œuvre pour atteindre les objectifs affichés par Emmanuel Macron, le ministère de l'Intérieur a indiqué qu'en lien avec le ministère de la Cohésion des territoires ils "travaillent sur ce point, au-delà du plan qui a été présenté le 12 juillet".

Gérard Collomb s'était par ailleurs opposé à toute nouvelle ouverture de centres de premier accueil, sur le modèle du centre humanitaire pour migrants parisien, situé porte de la Chapelle dans le nord de la capitale, autour duquel plus de 800 personnes campent actuellement.

Face à la saturation de ce centre, associations et collectifs, mais aussi la mairie de Paris, réclament régulièrement l'ouverture de centres similaires ailleurs en France.

Distinguer les demandeurs d'asile et les migrants économiques

Un des objectifs d'Emmanuel Macron pour une gestion efficace de la crise migratoire est de distinguer les migrants qui ont besoin de protection et sont éligibles au statut de demandeur d'asile, et les migrants économiques, avec l'application d'"une vraie politique de reconduite aux frontières" pour ces derniers.

"Plus vite on accélère la détermination de celui qui est en demande d'asile, plus vite on reconduira le migrant économique", abonde le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) Didier Leschi. 

Selon lui, "60% de ceux qui arrivent en Italie viennent de pays du Maghreb ou d'Afrique occidentale. Ce sont plus des migrants économiques que des personnes qui fuient dans le cadre d'une demande de protection". Aujourd'hui selon l'Ofii, 110.000 personnes sont concernées par la demande d'asile en France, pour une capacité d'accueil de l'ordre de 70.000 à 80.000 places.

Reconnaissant que les objectifs du président de la République sont "très ambitieux", l'Office Français de protection des réfugiés (Ofpra), qui sera désormais chargé de mener des missions dans les pays du Sahel et en Libye, "quand les conditions seront réunies", pour limiter le flux des arrivées en amont, juge qu'ils sont dans "une logique de plein respect du droit d'asile".

L'Ofpra devra également encore réduire les délais de traitement des demandes d'asile. "Le président nous a donné un objectif de deux mois, nous sommes à cinq actuellement. Avec des moyens supplémentaires et des efforts de réorganisation, c'est possible", assure son directeur Pascal Brice.
 
Rédaction web avec AFP







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