POLITIQUE

Edouard Fritch : "la Polynésie dispose de moyens pour pouvoir se développer économiquement"


Lundi 12 Septembre 2016 à 19:10 | Lu 1687 fois

INVITE DU JOURNAL - Ce lundi soir, Edouard Fritch, président de la Polynésie était l'invité de notre journal télévisé. Le bilan de ses deux années de gouvernance, l'intégration de la Polynésie française au sein du Forum des Îles du Pacifique, la décolonisation, et les trois fichés S du territoire, tels étaient les points d'actualités évoqués.


"Nous avons fait beaucoup de choses, malgré tout." C'est par ces mots qu'Edouard Fritch, entame le bilan de ses deux années passées à la tête du Pays. "Compte tenu de la situation actuelle, du contexte économique, pas seulement local, mais aussi international, et compte tenu des mauvaises langues qui nous critiquent, le bilan pour moi, est quand même positif."

Poursuivant, "Nous avons réalisé certaines choses. Nous sommes en phase préparatoire pour certaines réformes qui sont importantes. Nous continuerons et je l'espère améliorer le bilan à l'issue des trois ans de gouvernement."

Samedi, tombait la nouvelle tant attendue de l'intégration de la Polynésie française au Forum des Îles du Pacifique. Cheval de bataille des différents gouvernements qui se sont succédés à la tête du Pays. En quoi cette intégration est-elle utile à la Polynésie. "Elle est utile, tout d'abord parce que nous baignons dans le même océan que les pays qui constituent aujourd'hui le Forum. Lequel forum, il faut le rappeler depuis les années 70, constitue la seule institution, reconnue internationalement, des pays du Pacifique. Il est normal que depuis 20 ans, les élus de ce pays (ndlr :la Polynésie française) réclament de faire partie de ce forum".

"La deuxième chose indispensable, poursuit Edouard Fritch, c'est de pouvoir être autour de la table et de discuter de choses qui nous intéresse directement. Nous avons beaucoup parlé du réchauffement planétaire ces derniers mois, (...) et puis il y a l'année de l'océan qui se prépare pour 2017, qui va être une année importante. Nous étions présents à Honolulu pour cela et lors de la session générale du Forum, je n'ai cessé de rappeler à nos cousins du Pacifique, l'action importante que nous menons depuis un certain temps (...). Le Forum, outre les 18 membres qui le composent aujourd'hui, c'est aussi 17 interlocuteurs en face, dont les Nations Unies, les Etats-Unis, l'Union européenne (...). Aujourd'hui, nous avons un pied dedans".

La France,  ne va t'elle pas profiter de l'intégration de la Polynésie française au Forum des Îles du Pacifique pour faire passer ses propres intérêts. Faire de la Polynésie un cheval de Troie? Pour Edouard Fritch, c'est non. "Je ne crois pas. Je pense que c'est le phénomène inverse. Paris m'a beaucoup soutenu dans cette affaire. Paris est intervenu aussi auprès des Néo-Zélandais et des Australiens, dans le cadre des relations normales que nous avons maintenant avec ces pays. (...) La Polynésie et la Nouvelle-Calédonie seront demain les porte-avions de la politique de la France dans le Pacifique".

La présence de la France au sein du forum via la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie, a longtemps retardée l'intégration de ces deux pays océaniens au Forum. "Cela a inquiété les pays de la zone Pacifique, mais ils ont bien compris qu'ils avaient à faire à des Océaniens".  Insistant sur l'esprit océanien "Je me suis comporté depuis deux ans, vis à vis de ces chefs d'états, comme un Océanien. avec un raisonnement océanien. Et c'est ce raisonnement là que nous devons avoir. Et non pas un raisonnement européen, basé sur l'argent ou des choses comme cela".  Assénant, "Ce sont les relations humaines qui sont importantes et les relations d'intérêts communs. C'est à dire les intérêts liés à cet océan Pacifique dans lequel nous baignons".

Quant à la réaction d'Oscar Temaru, le leader indépendantiste, qui regrettait que la Polynésie ne soit pas un "état souverain"  comme les autres membres du Forum, Edouard Fritch relativise. "Bien sur qu'il regrette, mais avant de dire qu'il regrette, il a quand même dit que c'était bien que l'on soit au Forum. Je sais qu'il s'est beaucoup battu pour cela. Aujourd'hui son combat, c'est pour la souveraineté. Avoir l'indépendance et pouvoir détenir tous les leviers de la direction du pays. Nous ne sommes pas tout à fait dans le même état d'esprit, car j'estime pour ma part que nous avons pas mal de compétences et certaines ne sont pas exploitées complètement (...)".

Rebondissant sur les propos d'Oscar Temaru, concernant l'immigration en Polynésie, qui se plaignait que ce n'était pas une compétence du Pays, Edouard Fritch rétorque, "Je reviens de Pohnpei,  (Etats Fédérés de Micronésie) ils ont des difficultés à maîtriser l'arrivée chez eux de personnes venant d'Asie et qui viennent se réfugier ou travailler chez eux. Nous n'avons pas les mêmes problèmes, (..) et aujourd'hui j'estime qu'avec le Haut commissariat et nous avec les permis de travail, car c'est nous qui délivrons les permis, on arrive tant bien que mal à maîtriser l'immigration".

Quant à son prochain départ pour l'ONU où Edouard Fritch va apporter son point de vue sur la décolonisation de la Polynésie, pierre d'achoppement entre lui et Oscar Temaru, le nouveau statut de la Polynésie comme membre du forum des Îles du Pacifique changera t'il la donne. Pour le président de la Polynésie, cela aidera. "Le nouveau statut nous aidera à défendre notre position. Je ne vais pas me battre contre Oscar Temaru, (...) je vais y aller pour parler de notre statut d'autonomie interne. Des prérogatives de notre pays, de la possibilité pour ce pays de se développer, (...). il faut que le comité de décolonisation sache qu'aujourd'hui, la Polynésie dispose de pas mal de moyens pour pouvoir se développer sur le plan économique (...)".

Autre sujet brûlant, les trois fichés S du territoire pour radicalisme religieux. Sur ce point, Edouard Fritch se fait le pompier de la psychose qui commence à atteindre la société polynésienne. L'UPLD et le Tahoeraa travaillant en ce moment sur un projet de résolution dans le but de renvoyer de la Polynésie les individus fichés S pour islamisme politique. "Il ne faut pas dramatiser les choses. Nous les Polynésiens, sommes des chrétiens. Et nous savons ce que c'est la responsabilité des enfants que nous mettons au monde. Et ces Polynésiens (ndlr: les fichés S) sont aussi nos enfants (...) il faut à mon avis, mettre tous les moyens pour les remettre dans le droit chemin (...) ".
 
Rédaction Web avec Sophie Guébel








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