POLITIQUE

Edouard Fritch : "Qualifier les actes de la France de crime contre l’humanité est une expression très grave"


Mardi 9 Août 2016 à 15:32 | Lu 4183 fois

NUCLÉAIRE - Lors de la conférence de presse qui se déroulait ce mardi matin à la présidence, Edouard Fritch est revenu sur la polémique suscitée par l'Eglise Protestante Mao'hi. Dimanche, l'Eglise avait annoncé, en conclusion de son synode, qu'elle allait déposer une plainte contre la France pour "crimes contre l'humanité".


Crédit photo : Tahiti Nui Télévision
Crédit photo : Tahiti Nui Télévision
Pour le président de la Polynésie française, "qualifier les actes de l’Etat français de "crime contre l’humanité" est une expression très grave". Edouard Fritch rappelle avoir dit au chef de l'Etat, en février dernier, "que la question des conséquences des essais nucléaires était un caillou dans notre chaussure et que nous devions résoudre ce qui restait une atteinte à nos âmes. Je crois que le président de la République nous a entendus en reconnaissant les conséquences sanitaires, environnementales et sociales des essais nucléaires. Personne ne l’avait fait avant."

Toutefois, pour le président du Pays, il reste un problème. "Nous avons chez nous, et je suis moi-même en train de traiter un cas dans ma famille, des gens qui sont allés travailler à Moruroa, durant 5, 10 ans... Ces gens reviennent, ils ont un cancer... On leur dit vous êtes bien sur la liste mais on n'a pas toutes les preuves que ce cancer est dû à une exposition. J'ai dit au Président que c'est là que ça bloque. La solution proposée par l’Etat de modifier le décret de la loi Morin n’est pas satisfaisante et je l’ai écrit à Marisol Touraine.(...) il faut arriver à la suppression de la notion de risque négligeable pour une juste réparation."

"Maintenant" poursuit Edouard Fritch, "que dire de la résolution de l’Eglise protestante maohi ? Je crois que les analyses juridiques ont démontré que la démarche était vaine et sans issue (...) A mon sens, si on veut obtenir une réelle indemnisation de l’Etat, il vaut mieux dialoguer avec cet Etat plutôt que d’aller chercher la protection d’organisations internationales qui n’ont aucun pouvoir". Avant de conclure, optimiste : "nous n’avons pas épuisé les voies du dialogue avec l’Etat sur ce dossier".
 
Rédaction Web avec Laure Philiber







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