POLITIQUE

Edouard Fritch : "Les grands projets ne peuvent pas éclore du jour au lendemain"


Mercredi 7 Janvier 2015 à 14:20 | Lu 347 fois

Gouvernement. Le président Edouard Fritch a présenté hier mardi, le bilan des 100 jours de son gouvernement à la tête du Pays. Invité au journal de Tahiti Nui Télévision dans la soirée, il est revenu sur les points principaux de ce bilan.


Photo d'archives
Photo d'archives
Monsieur le président, Ia ora na. Vous venez de dresser le bilan de vos 100 jours de mandature avec plusieurs axes développés. Les Polynésiens qui attendent du Pays qu'il génère beaucoup d'emplois se demandent où en sont les grands projets tels que le Mahana beach, Atimaono ou encore la ferme aquacole de Hao.
"Comme je le disais pendant mes voeux, autour de nous dans chaque famille, il y a ce souci de l'emploi. Et nous sommes tous mobilisés sur ce même souci. Je ferais éclore les projets, je ferais tout pour qu'effectivement il y ai du concret pour 2015. Et nous avons commencé d'ailleurs à le faire."

Quels grands projets peuvent aboutir en 2015 ?
"Ce que nous allons faire aboutir en 2015 concerne naturellement, et c'est ce qui est attendu, les grands projets. Mais vous savez que les grands projets ne peuvent pas éclore du jour au lendemain. C'est quand même relativement compliqué de mettre les choses en place. Et je pense que pour la ferme aquacole, il est attendu une ouverture de chantier pour le mois de juin à juillet prochain sur Hao, puisque les autorisations administratives devraient être demandées ce mois-ci.

En ce qui concerne Mahana beach, nous avons lancé un appel aux investisseurs. Nous attendons une réponse pour la fin du mois de janvier, début du mois de février. Donc ça veut dire que nous auront dès le mois de février prochain une idée des investisseurs qui voudront bien venir investir sur le projet Mahana beach. Ensuite ce sera la troisième phase : celle de la préparation du chantier. Il faut s'attendre à une ouverture du chantier du Mahana beach vers la fin de l'année. Je ne veux pas être plus optimiste que cela. 

Pour Atimaono, nous venons encore de recevoir les responsables de la société qui était intéressée. Il s'agit de Hainan, qui a aussi une compagnie aérienne. Ils ont confirmés leur volonté d'investir sur Atimaono."


Cela devrait se faire rapidement alors ?
"Encore là, vous savez, la préparation d'un investissement pour un complexe de 500 chambres nécessite un certain temps : 6 mois, 9 mois... Mais j'ai la ferme conviction aujourd'hui que 2015 sera effectivement une année de transition qui nous permettra de lancer les grands chantiers."

Les contrats d'accès à l'emploi (CAE, NDLR) étaient en quelque sorte une mesure d'urgence. Mais aujourd'hui, quelle est votre politique d'emploi durable pour la Polynésie ?
"Les CAE sont une mesure d'urgence, ce sera encore une mesure d'urgence pour quelques temps puisqu'on nous annonce entre 9 000 et 10 000 personnes qui aujourd'hui attendent d'avoir un emploi. Le CAE va offrir à ces jeunes, à ces personnes qui ont perdu un emploi, un moyen de subvenir à leurs besoins. Mais ce n'est pas suffisant. 
Le CAE n'est valable que pour un an reconductible une fois. C'est-à-dire que dans 2 ans, on va revenir au point de départ. Ceci veut dire qu'il faut préparer et les CAE et les entreprises qui les recoivent à une vision un peu plus lointaine en vue d'un emploi plus pérenne."


Comment peut-on justement repenser les CAE ? On connaît les limites du CAE. A Faa'a, par exemple, plusieurs Polynésiens en CAE n'ont finalement pas trouvé de travail une fois leur contrat terminé car ils manquent de formation. Beaucoup par exemple ne sont pas capables d'établir un budget prévisionnel.
"Il y a des organismes de formation chez nous. Je pense à la chambre de commerce qui, aujourd'hui forme à la comptabilité pour les entreprises. C'est indispensable effectivement et c'est ce qui manque dans la conception du CAE. C'est toute cette partie formation. Il faut former les jeunes, il faut rendre ces jeunes employables lorsqu'ils veulent servir une entreprise. Et pour ceux qui veulent créer leur propre entreprise, il faut qu'ils maîtrisent un certain nombre de choses avant et la comptabilité en fait partie effectivement. Pour un chef d'entreprise, c'est essentiel. mais les structures existent. Ce qu'il faut, c'est les accompagner, les orienter vers des organismes de façon à ce que les jeunes apprennent à gérer."

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Parlons foncier à présent. Le foncier est un réel frein au développement économique de la Polynésie. Est-ce que le tribunal foncier verra le jour en 2015 ?
"Je crois que l'Etat a bien compris la problématique du foncier en Polynésie puisque vous savez que la Garde des sceaux a effectivement accepté le principe de la création du tribunal foncier. Nous aurons notre tribunal foncier en 2015. je me battrais jusqu'au bout. Aujourd'hui, quelques problèmes restent à régler pour le logement par exemple. Les locaux qui doivent accueillir le futur tribunal foncier. Le Pays va faire une proposition à l'Etat dans les locaux de l'ancien hôpital Vaiami. Lorsque ces parties matérielles seront réglées, lorsque nous auront vu avec l'Etat les moyens financiers à mettre en place, je pense effectivement qu'on lèvera un voile sur un problème qui n'a que trop tardé."

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Un mot de politique : votre gouvernement et la majorité ont-ils pris des résolutions pour mieux s'entendre en 2015 ?
"En tous les cas, au fond de mon coeur, j'ai pris des bonnes résolutions. Nous allons vraisemblablement nous revoir dans les jours à venir puisque je vais ouvrir des chantiers importants en particulier sur le plan social. Et nous organiserons donc dans les jours à venir, des rencontres entre la majorité et le gouvernement. Le reste, il faut tourner la page."

Les affaires en cours de Gaston Flosse vous permettent-elles de vous rencontrer ?
"Pour le moment non. Mais enfin, je pense que ça viendra."

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Monsieur le président, au sujet du régime de solidarité (RSPF, NDLR), le retour de l'Etat au financement du RSPF mettra-t-il fin selon vous au déficit de la Caisse de prévoyance sociale (CPS) ou pensez-vous qu'il est nécessaire de réformer le système de la PSG (Protection sociale généralisée, NDLR) ?
"Pour la première question, c'est non. Effectivement, il faudra que nous participions tous puisque le Pays mettra encore de l'argent au fonds du RSPF pour équilibrer les comptes en fin d'année. Et sur le second point, oui, il faut, et je vais ouvrir à la fin du mois de janvier, les chantiers de réforme de notre protection sociale généralisée. Aujourd'hui il est plus qu'indispensable, nous aurions dû déjà faire un point de situation sur la PSG. Et là nous allons rouvrir les discussions. Nous allons réunir les syndicats, les patronats, nous allons réunir les professions médicales, et discuter par thème. On discutera de la maladie, nous discuteront du financement, nous discuteront du handicap etc. Il faut s'atteler au problème de cette PSG qui aujourd'hui est bien malade."

Justement les syndicats salariés et retraités veulent un financement plus équitable sinon ils manifesteront. Ronald Terorotua le disait sur notre plateau (voir son intervention ICI). Est-ce que vous êtes prêts à discuter véritablement avec eux ?
"J'appelle les syndicats à venir discuter dans les semaines à venir discuter. Je suis intimement persuadé que les solutions à trouver pour la PSG seront des solutions obtenues à la suite de discussions franches, des discussions élargies. Naturellement, le Pays prendra ses responsabilités. Mais, il faut que les acteurs sociaux comprennent que c'est ensemble que nous trouverons la solution."

Les aides sociales ont encore augmenté car la précarité augmente malheureusement, elle aussi, en Polynésie. Pour panser cette situation, vous prévoyez plutôt les aides sociales ou la création d'emplois ?
"Il faut favoriser la création d'emplois. La création d'emplois va nous aider à résoudre le problème du RSPF en grande partie, puisque les gens lorsqu'ils auront un emploi, sortiront du régime de solidarité. C'est la priorité. Mais il est vrai aussi que nous ne pouvons pas laisser nos familles souffrir aujourd'hui comme elles souffrent. je sais qu'il y a des familles qui ne mangent pas aujourd'hui dans notre pays. C'est inquiétant et c'est difficile à accepter. Donc il nous faut développer un peu plus les aides sociales à ces familles, venir à leur secours. C'est le problème de la nourriture quotidienne mais c'est aussi le problème du logement. Nous allons libérer ces aides au logement pour que ces gens puissent au moins avoir un logement décent."

Est-ce qu'avec ce retour de l'Etat, vous ne craigniez pas qu'il vous impose sa vision sur la gestion de la CPS ?
"Moi je vous aurais donné de l'argent, et je vous aurais imposé des conditions."

Donc il faut accepter...
"Bien sûr qu'il faut accepter. Il nous faut être raisonnable dans cette affaire. Nous avons besoin du secours de l'Etat. En échange de quoi nous devons faire des efforts. Nous les feront. Car, 1.5 milliard d'impôt supplémentaire pour le Pays, c'est insupportable. Donc nous accueillons avec bienveillance cette aide de l'Etat, et nous ferons des efforts." 

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Un mot d'éducation à présent. Les réseaux d'éducation prioritaire à Papara, à Faaa et aux Tuamotu permettront selon vous de résorber le retard scolaire de la Polynésie ?
"En tout les cas, ils permettront d'améliorer la qualité de l'éducation dans ces établissements scolaires. L'idée de ce réseau, c'est de mobiliser d'abord tout le corps éducatif autour de la problématique de ces enfants. Donc c'est un effort demandé à tout le corps éducatif. Et pour ce qui concerne les pouvoirs publics, d'avoir une participation financière beaucoup plus importante pour venir épauler les actions qui seront menées par le corps éducatif. Donc c'est un travail en commun que nous ferons. C'est indispensable. Nous n'allons pas, en l'espace d'un an, enrayer le problème de l'échec scolaire, mais c'est en tous les cas, une situation d'urgence."

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Deux dernières questions. Concernant l'électricité d'abord : les parlementaires des DOM TOM souhaitent un prix identique dans tout l'outre-mer. Chez nous c'est l'une des plus chères au monde. Cette ambition est-elle réaliste selon vous ?
"Il faut rêver un petit peu. Et nos députés comme nos sénateurs, actuellement, travaillent à Paris pour que ces mesures qui sont prises au niveau national, et surtout au niveau des départements d'outre-mer, puissent être élargies à la Polynésie française et aux collectivités."

C'est un rêve selon vous ?
"C'est un rêve mais qui devrait être une réalité car nous sommes des Français comme tous les autres et nous devrions en bénéficier."

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Vous partez demain (aujourd'hui mercredi, NDLR) en mission aux Australes. Dites nous quels sont les grands travaux que vous prévoyez de réaliser là-bas durant 2015. 
"Nous avons prévu un certain nombre de travaux comme la construction d'un abri au niveau du quai de Rapa. Nous devons mettre à tous prix en route le centre d'enfouissement technique pour les ordures ménagères de la commune de Rapa. Et puis il y a toute une série de problèmes qui sont soulevés par le maire. Donc, nous allons sur le terrain avec les ministres et nous profitons du bateau qui va faire le transport scolaire, c'est-à-dire que nous n'allons pas faire de dépenses excessives pour cela, pour visiter la commune de Rapa." 


Tags : JT français




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