SOCIÉTÉ

Deux fois plus de violences intra-familiales en Polynésie qu’en métropole


Vendredi 4 Mars 2016 à 09:03 | Lu 697 fois

PAPEETE – La Polynésie française connaît "deux fois plus de violences intra-familiales que la métropole" a indiqué l’avocate générale Brigitte Angibaud.


La veille, le nouveau Conseil de prévention de la délinquance en Polynésie française avait annoncé une série de mesures pour lutter contre ces violences, mais aussi contre les addictions et la délinquance des jeunes.
L’ensemble des faits constatés de violences volontaires a plus que doublé en 11 ans, passant de 1239 en 2004 à 2656 en 2015. Les victimes sont le plus souvent des mineurs ou des femmes.

Trois femmes sont agressées chaque jour en Polynésie, assure le parquet général, pour une population de 280 000 habitants. Le conjoint est l’auteur de la plupart de ces agressions.

Le Parquet général rappelle qu’en 2012-2013, six femmes avaient été tuées en Polynésie, ce qui place la collectivité parmi les plus hauts taux par habitant de la République française. "Il y a une facilité dans le passage à l’acte en Polynésie" assure Brigitte Angibaud.

Deux cent cinquante mineurs ont aussi été entendus l’an passé, dans le cadre d’enquêtes liées à des violences sexuelles.
Les femmes battues, comme les mineurs, hésitent à porter plainte, surtout dans les petites îles où tout le monde se connaît.

Le Conseil de prévention, constitué des autorités de la collectivité, de l’Etat et de la justice, souhaite donc améliorer la détection des violences. Le procureur pourra bientôt être saisi directement sur des pages Facebook, l’une dédiée aux violences sexuelles sur mineurs, l’autre aux femmes battues. Les conjoints violents seront placés en foyer d’accueil d’urgence, alors que c’étaient jusqu’à présent plus souvent les femmes et les enfants qui quittaient le foyer familial.
Le Conseil prévoit aussi de fournir un "téléphone grand danger" aux femmes victimes de violences.

A plus long terme devrait être créée une unité d’accueil pédiatrique pour les mineurs victimes de violences sexuelles. Cette unité permettra aux victimes de ne plus chercher les psychologues, gendarmes, assistants sociaux, policiers ou médecins qui jalonnent ce type de plainte : le mineur sera entendu par tout le monde en une seule journée, ce qui permettra aussi de faire progresser l’enquête plus rapidement.

Le Conseil de prévention de la délinquance prévoit aussi des mesures pour lutter contre l’absentéisme, pour développer des relais dans les quartiers, et pour lutter contre la drogue et l’alcool. Il envisage notamment la création d’un centre de désintoxication.
 
Mike Leyral

Brigitte Angibaud, avocate générale


Reportage de Laure Philiber







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