FAITS DIVERS

D'anciens militaires poursuivent l'Etat au tribunal d'Amiens


Mercredi 30 Avril 2014 à 11:51 | Lu 384 fois

NUCLÉAIRE. La commission d’indemnisation des victimes d’essais nucléaires a refusé de les indemniser.


"On pêchait de très beaux poissons mais, au bout d’une heure à peine, ils pourrissaient sur place"

Deux vétérans de la Somme et deux veuves d’anciens militaires, de la Somme et de l’Oise, attaquent le ministère de la Défense devant le tribunal administratif. Ils estiment que leurs graves pathologies sont en lien avec des irradiations subies lors d’essais nucléaires en Polynésie à la fin des années 1960.
La commission d’indemnisation des victimes d’essais nucléaires (CIVEN) a refusé de les indemniser.
Quadruple pontage de l’aorte, ablation du rein gauche, stomie, malaises à répétition, Alain Sylvain est gravement malade. Invalide à 80 %, ce retraité amiénois âgé 65 ans mène le dernier combat de sa vie.
Mardi 29 avril au matin, comme trois autres victimes picardes, l’ancien militaire a plaidé sa cause devant le tribunal administratif d’Amiens. Déboutés par le Comité d’indemnisation des victimes d’essais nucléaires, les quatre plaignants attaquent l’État pour refus d’indemnisation. En France, quelque 230 procédures similaires ont été intentées depuis un an. La loi Morin censée faciliter l’indemnisation n'a bénéficié qu'à 12 plaignants sur les 880 dossiers instruits.

"À l’époque, on ne savait pas grand-chose des risques"

Installé dans une petite maison près des hortillonnages d’Amiens, le vétéran n’a rien oublié de ces douze mois qui ont bouleversé sa vie.
Il n’a que 18 ans, en 1967, lorsqu’il s’engage dans la Marine nationale. Affecté comme quartier-maître cuisinier sur le paquebot "Moselle", il rejoint l’atoll de Moruroa après quatre mois de navigation. " À l’époque, on ne savait pas grand-chose des risques, et de toute façon, personne n’en parlait."
Sur le bateau, base de ravitaillement et d’hébergement pour les gradés et les militaires en charge des essais, Alain Sylvain constate néanmoins très vite que cette mission n’a rien d’une balade dans les îles. "On pêchait de très beaux poissons mais, au bout d’une heure à peine, ils pourrissaient sur place. Bien sûr, on n’en a jamais mangé."
En cette fin des années 1960, l’insouciance règne. L’eau potable est acheminée à bord par bidons, mais celle servant à la toilette et aux sanitaires est directement puisée dans l’atoll et passée dans de simples bouilleurs. Près de 47 ans après les faits, Alain Sylvain est persuadé que ses ennuis de santé, même déclarés tardivement, au début des années 1990, sont directement liés à ces négligences.
C’est aussi l’avis des veuves de vétérans. Conception Cauchois, de Beauvais, et Brigitte Vasseur, de Longueau (Somme) viendront défendre la mémoire de leur mari. Le militaire est décédé à l’âge de 48 ans d’un cancer généralisé en 1996, quatre mois et demi seulement après son retour de Moruroa.
Le tribunal administratif n'a pas encore rendu son jugement. Mais même si la décision s’avérait favorable aux vétérans, l’État a encore la possibilité de faire appel.
Une information révélée par nos confrères du Courrier picard (lire l'article).
TNTV vous propose également la vidéo de l'INA sur le essais nucléaires en Polynésie française qui date de 1966.








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