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Ce que l'on sait au lendemain de l'attaque de Saint-Etienne-du-Rouvray


Mercredi 27 Juillet 2016 à 10:19 | Lu 2285 fois

MÉTROPOLE - Un tueur connu des services antiterroristes mais libéré sous bracelet électronique, "une piste privilégiée" pour l'identité du second assaillant vraisemblablement recherché par les mêmes services. Au lendemain de l'attaque contre une église de Saint-Etienne-du-Rouvray, les enquêteurs cherchent aussi à savoir si les deux hommes ont pu être mandatés depuis la Syrie.


Ce que l'on sait au lendemain de l'attaque de Saint-Etienne-du-Rouvray
> L'identification formelle du second assaillant, défiguré lorsque la police l'a abattu, était toujours en cours mercredi soir, mais "une piste est privilégiée" : celle d'un jeune homme vraisemblablement recherché depuis quelques jours par les services antiterroristes. 
Une carte d'identité au nom d'Abdel Malik P. a été retrouvée lors d'une perquisition au domicile familial d'Adel Kermiche, le tueur identifié, et "plusieurs éléments laissent à penser qu'il s'agit du deuxième assaillant", a précisé une source proche de l'enquête.
 
Abdel Malik P., 19 ans, n'avait pas fait l'objet de condamnations et la justice ne disposait donc pas de ses empreintes ni de son ADN, ce qui retarde son identification.
Toutefois, l'Unité de coordination de la lutte antiterroriste (Uclat) a diffusé le 22 juillet une note dans laquelle elle dit avoir reçu, d'un service étranger, une information sur un individu "qui serait prêt à participer à un attentat sur le territoire national", information accompagnée de la photo d'un homme ressemblant "fortement" à Abdel Malik P.
 
Plusieurs perquisitions ont été menées dans son entourage, notamment chez sa mère à Aix-les-Bains (Savoie) et chez un proche à Montluçon (Allier), deux villes où il a résidé avec sa famille.
 
> Kermiche, 19 ans, avait été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire dès mars 2015 pour avoir tenté de rejoindre la Syrie. Après une seconde tentative en mai 2015, il est de nouveau mis en examen et incarcéré. "Il semble qu'il se soit encore davantage radicalisé lors de ce séjour en prison", selon une source proche de l'enquête.
 
Le 18 mars, une juge décide de le libérer et de l'assigner à résidence sous surveillance électronique. Il avait alors assuré à la magistrate regretter ses tentatives de départ. "J'ai envie de reprendre ma vie, de revoir mes amis, de me marier", disait-il. 
Le parquet fait appel pour qu'il reste en détention, estimant qu'il faut "éviter toute concertation" entre Kermiche et d'autres protagonistes actuellement en Syrie.
Mais la cour d'appel ne suit pas ces recommandations : il sort de prison, est assigné à résidence chez ses parents, équipé d'un bracelet électronique. Il ne peut quitter son domicile qu'entre 8h30 et 12h30 en semaine, un créneau horaire durant lequel il a perpétré, mardi, avec son complice, la prise d'otages au cours de laquelle le prêtre Jacques Hamel a été égorgé.
 
> Le groupe jihadiste Etat islamique (EI) a revendiqué l'assassinat, présentant les deux assaillants comme ses "soldats". L'organisation a diffusé mercredi une vidéo dans laquelle deux hommes barbus, se présentant comme les auteurs de l'attaque, prêtent allégeance au chef du groupe jihadiste.
 
Ont-il été directement mandatés depuis la Syrie ? Ont-ils agi par mimétisme, répondant aux nombreux appels au meurtre de l'EI ? Ont-ils pu bénéficier de soutiens en France pour préparer leur action ? Les assaillants n'avaient sur eux que trois couteaux, un pistolet inopérant et des engins explosifs factices.
 
Un mineur de 16 ans, né en Algérie, était toujours en garde à vue mercredi soir. Son frère fait l'objet d'un mandat d'arrêt pour être parti dans la zone irako-syrienne en mars 2015 avec les papiers d'identité de Kermiche. Le mineur ne semble pas à ce stade avoir de lien avec l'attaque, selon le gouvernement. Son frère aurait-il pu jouer un rôle depuis la Syrie ?
Les investigations ont démontré que des "proches de Kermiche ont tenté de partir dans ce pays ou sont déjà sur zone", selon une source proche de l'enquête.
 
Plusieurs jihadistes sont originaires de Normandie, notamment Maxime Hauchard, un converti à l'islam identifié comme l'un des bourreaux de l'EI. Aucun lien n'a été établi à ce stade entre Hauchard et les auteurs de l'attaque.
 
Le matériel informatique et téléphonique saisi au cours des perquisitions est en cours d'exploitation. 


AFP






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