FAITS DIVERS

Assises: un présumé serial violeur sur le banc des accusés


Mercredi 31 Mai 2017 à 15:40 | Lu 5885 fois

JUSTICE - Un homme de 35 ans comparait depuis ce mercredi matin devant la cour d’assises pour quatre viols et une agression sexuelle qu’il aurait commis sur cinq jeunes filles entre 2011 et 2014. Ce père de famille, qui conteste les faits, abordait ses présumées victimes au bord de la route ou aux arrêts de bus.


L’affaire avait fait l’objet d’un appel à témoins de la gendarmerie il y a quelques années après qu’une jeune femme était venue déposer plainte. De fil en aiguille, cinq victimes présumées s’étaient manifestées et sont aujourd’hui parties civiles au procès.

Le mode opératoire était le même. L’homme abordait les jeunes femmes, âgées de 15 à 20 ans au moment des faits, alors qu’elles se trouvaient en bord de route ou à des arrêts de bus.

Il proposait de les ramener à bord du van de la société qui l’employait. Mais en cours de route, il leur offrait de l’argent en échange de faveurs sexuelles. Sauf que toutes disent avoir refusé ses avances.

Le trentenaire, à la corpulence massive, aurait donc usé de la force pour parvenir à ses fins. Les rapports avaient lieu à l’arrière de son véhicule, soit dans le parking du CHPF de Taaone, soit dans une servitude isolée de Faa’a. A l’intérieur du van, les enquêteurs ont prélevé de multiples traces d’ADN féminin ainsi que celles du sperme du mis en cause.

"Pardonnez-moi de tout ce que je vous ai fait subir ", a lâché l’accusé dès l’entame du procès tout en affirmant, paradoxalement, que les jeunes femmes étaient consentantes : "j’ai eu des rapports mais sans les forcer ".

Des affirmations que les plaignantes ont contestées, réitérant leurs accusations. Et si certaines avaient accepté de l’argent, c’est qu’elles étaient "tétanisées" par la peur, avait déclaré l’une d’elles devant les enquêteurs.

Ce matin, la femme du trentenaire a été auditionnée par la cour. Elle a donné de son époux l’image d’un père attentionné et d’un mari dévoué.

"C’est mon gros nounours. C’est l’homme qu’une femme voudrait avoir dans sa vie. Moi c’est le cas", a-t-elle dit. Et d’ajouter : "je ne dis pas qu’il ne s’est rien passé, je n’étais pas là. Mais je voudrais qu’il revienne à la maison".

Un témoignage qui a fait tiquer l’avocat général : "On parle de viols et d’agressions sexuelles sur des jeunes filles qui étaient mineures. Il est important que vous le compreniez (…) Je ne suis pas certain que vous ayez perçu toutes les subtilités du personnage".

Un sentiment partagé par les conseils des jeunes femmes pour qui l’homme a réussi à "dissimuler une grosse part d’ombre à son entourage".

Pour l’avocate de l’accusé, son client n’a commis aucun viol mais a sollicité de jeunes prostituées "qui acceptaient l’argent qu’il proposait".

Le procès se poursuit mercredi avec les auditions de témoins et la présentation des rapports des psychiatres qui se sont penchés sur l’accusé et ses supposées victimes. Le procès devrait s’achever vendredi. Le trentenaire encourt 20 années de détention à Nuutania.

J-B. C. 
 
 
 






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